Quel sera le sujet phare de la présidentielle de 2012 ?

dimanche 29 juillet 2007

Agir pour les réformes dans le cadre de la majorité présidentielle

Par Marc d'Here,

La France a besoin de changement. Alors que les partis de gauche, qui auraient dû en être les initiateurs et les porteurs, ont failli, c'est dans le cadre de la majorité présidentielle que l'on peut aujourd'hui le mieux agir pour ce changement.

Nombre d'entre nous viennent du parti socialiste, qui est sans conteste le plus important parti de gauche, et ce sont l'attitude et les choix de celui-ci qui nous ont le plus déçu. Il n'a pas su prendre en compte la nouvelle situation résultant de la mondialisation en proposant les moyens de nous protéger des dangers qu'elle recèle mais aussi de profiter des opportunités qu'elle présente. Il n'a pas su se libérer d'une philosophie de l'assistance et de l'égalité formelle pour parvenir à l'affirmation d'une véritable égalité des chances, à la mise en œuvre d'une solidarité concrète et à l'exercice d'une responsabilité individuelle et collective - conditions du dynamisme économique et social. Il n'a pas su renoncer à l'omnipotence d'un État qui bride les initiatives et pèse, notamment financièrement, sur l'ensemble de la société. Il n'a pas su proposer une véritable rénovation des services publics assise à la fois sur l'autonomie et la responsabilisation des acteurs et sur l'intervention des usagers. Il n'a pas su sortir de sa méfiance craintive vis-à-vis des entrepreneurs, attitude limitant les possibilités de la compétitivité et de la croissance. Il n'a pas su non plus concilier, dans le cadre d'une coopération loyale, la flexibilité nécessaire aux entreprises et la sécurité que réclament les salariés.

Le parti socialiste est devenu pour une large part le parti de l'immobilisme et du conservatisme, une formation incapable d'entreprendre sa rénovation en s'adaptant au monde d'aujourd'hui - à la différence de ce qu'ont su réaliser les autres partis socialistes ou sociaux démocrates d'Europe. Les plus lucides de ses dirigeants choisissent de se distancer parce qu'ils sont convaincus que sa rénovation est impossible, harassante, ou prendra un temps impossible à estimer.

Ce n'est plus à gauche que se trouve le parti du mouvement. La réforme a changé de camp. Et là réside l'essentiel. C'est bien parce que Nicolas Sarkozy nous est apparu plus à même que la gauche de mettre en œuvre les réformes utiles à la France et aux Français, les réformes pour lesquelles nous militons depuis des années, que nous avons approuvé son projet et que nous voulons clairement situer les-progressistes.fr dans la majorité présidentielle.

Et pourtant, alors que nous nous revendiquons de la gauche, Nicolas Sarkozy s'affirme de droite, ce qui, traduisant des sensibilités et des préoccupations différentes, pourrait rendre difficile, dans certaines occasions, notre adhésion ou notre soutien. Mais en réalité, au-delà des idéologies, force est de constater que les propositions de réforme du président, tout comme ses premières actions, caractérisées par leur pragmatisme, leur volontarisme et leur recherche de l'efficacité, répondent pour l'essentiel à ce que nous attendons. Son approche de la relance de l'Europe, sa volonté affirmée de moderniser les institutions, de rénover l'État et les grands services publics, de réduire les dépenses publiques, de réformer de manière réaliste et dans un sens plus équitable les retraites, son soutien aux entreprises, à l'investissement productif, à la recherche et à l'innovation, son action résolue et multiforme en faveur de l'augmentation du pouvoir d'achat et du développement de l'emploi, la large concertation qu'il pratique avec les acteurs sociaux et qu'il envisage de mettre en place avec les associations environnementales - ces thèmes ne sont ni spécifiquement de droite ni exclusivement de gauche, mais ils répondent aux attentes des Français et aux exigences de notre temps, et ils devraient remettre notre pays sur la voie de la croissance et du progrès économique et social.

Et s'il arrive que certaines des propositions avancées froissent notre sensibilité ou nos convictions, ou n'aillent pas assez loin dans le sens que nous souhaitons, à nous de proposer des mesures plus solidaires ou de nous efforcer d'infléchir la mise en œuvre concrète des projets vers la prise en compte de préoccupations plus sociales et plus équitables.

Au sein de l'association les-progressistes.fr, nous avons l'ambition de rassembler tous ceux - militants politiques et associatifs, acteurs économiques et sociaux, intellectuels, citoyens, à la sensibilité de gauche ou de centre gauche - qui veulent défendre leurs valeurs et agir librement dans le cadre de la majorité présidentielle tout en ne souhaitant pas s'engager dans les rangs de l'UMP. Nous voulons leur permettre d'inscrire leur volonté réformiste dans le débat démocratique et la vie politique de notre pays. Nous voulons leur offrir un cadre ouvert pour une réflexion commune sur les grands enjeux d'aujourd'hui et l'élaboration de propositions qui y répondent. Nous situant dans la durée, sur l'ensemble du quinquennat, voire au-delà, nous nous attacherons à réfléchir aux réformes à entreprendre, à proposer les moyens de mettre celles-ci en œuvre et à aider concrètement à leur réalisation.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire