Par Gilles Norroy,
En regardant la finale pathétique du 34° congrès du Parti Communiste incarnée par Marie-Georges Buffet, « PC vintage » des années 70 des pieds jusqu’à la tête, je me suis souvenu du livre de Jean-Pierre Gaudard « les orphelins du PC » écrit au début des années 80. Comment ne pas se souvenir de cette prodigieuse construction humaine et politique que fut le Parti Communiste, du grand Marchais des débats télévisés qui dominait comme aujourd’hui Besancenot de la tête et des épaules ses adversaires en utilisant comme ce dernier des arguments simplistes mais efficaces.
Ceux qui venaient de quitter le PC se sentaient alors orphelins car aucune formation politique ne leur proposait une aventure révolutionnaire, une dimension internationale, un modèle d’organisation, une philosophie de l’action totalisante et attractive comme pouvait l’être le marxisme et son application communiste. Et puis cette nostalgie des fêtes de l’Huma quand l’odeur des merguez se mélangeait à une chanson de Jean Ferrat…
Etre orphelin en politique c’est avoir quitté la chaleur d’une famille sans en en avoir trouvé une autre.
Aujourd’hui il n’y a plus pour ainsi dire d’orphelins du P.C car ils se sont faits tous adopter, le plus souvent au Parti Socialiste, mais la période la plus récente a engendré de nombreux orphelins de la social-démocratie en gros ceux qui n’ont pas voulu suivre l’aventure consternante que portait Ségolène Royal et son projet mortifère pour la France et ceux plus récents qui désespèrent des palinodies de la rue de Solferino .
Où vont-ils aller ?
Au Modem, mais n’est-ce pas pour rejoindre un possible premier ministre de Ségolène ? Au Parti Radical car il est porteur d’une tradition humaniste ? Mais au-delà de la personne sympathique de Jean-Louis Borloo, n’est-il pas en plus petit, porteur des maux qui minent le P.S ? A Gauche Moderne alors ? Projet séduisant certes mais porteur de quelles nouvelles idées ? Aux "Progressistes" enfin ? Mais ce n’est toujours qu’un think tank.
C’est dire en tout cas, l’urgence, pour la majorité présidentielle, de rassembler les SDF sociaux-démocrates car en ces temps de froidure il ne fait pas bon être dehors.
jeudi 18 décembre 2008
lundi 15 décembre 2008
Inviter au banquet de la politique.
Par Gilles Norroy,
Le discours de Jean-Marie le Clézio lors de sa réception du prix Nobel de littérature m’a particulièrement ému. Il affirme que la responsabilité de l’écrivain est «d’inviter au banquet de la culture». Il cite en exemple Rabelais partant en guerre contre les cuistres universitaires de son époque, exprimant une langue verte, mais populaire. Il parle aussi de cette femme, sauvage dénudée au cœur de l’Amazonie, porteuse d’une merveilleuse et immense culture.
Je ne peux m’empêcher de penser que les propos de Le Clézio pourraient s’appliquer à la politique.
Qui aujourd’hui participe au banquet de la politique ?
Comme dans tout banquet, il y a ceux qui ne viennent que pour manger, ceux qui viennent pour parler, ceux qui servent, ceux qui invitent et ceux qui paient, c'est-à-dire tout le monde.
Ils sont des professionnels pour l’essentiel, parfois pour les accompagner les organisateurs de «spectacles politiques» invitent des «sachants» : économistes distinguées, politologues reconnus, experts en opinion etc. C’est le principe même des tables rondes où l’on mélange people de la politique et experts. La salle dans le meilleur des cas peut poser des questions et est surtout invitée à applaudir.
J’avoue ma lassitude à participer, depuis sans doute trop longtemps, à ce genre d’événement.
Comment trouver d’autres chemins à la politique ?
Comment la faire redevenir populaire pour éviter notamment qu’elle ne tombe aux mains des populistes ?
Cela passe d’abord par le langage même du politique qui doit s’efforcer d’employer les mots de tous les jours.
Cela passe aussi par le choix d’autres lieux pour s’exprimer : notre Président en montre l’exemple en choisissant de parler dans des entreprises beaucoup plus souvent que ses prédécesseurs.
Il s’agirait enfin, pour parler comme le Clézio, de donner la parole «aux sauvages porteurs d’une autre culture», par exemple ceux qui travaillent dans l’entreprise, c'est-à-dire la majorité des Français qui devient minorité oubliée dès lors que l’on rentre dans le champ politique.
Eric Besson propose de créer une confédération de la majorité où toutes les sensibilités pourraient s’exprimer.
Pour les Progressistes, symboles même de l’ouverture, c’est une opportunité mais aussi une obligation, car en politique il y a toujours besoin d’émerger, ce qui de mon point de vue n’est pas affaire de marketing politique, mais d’être capable dans le même mouvement de saisir l’esprit du temps et d’anticiper les changements à venir.
Redonner aux Français le goût de la politique, faire venir des énergies nouvelles dans le combat pour transformer la France, trouver des formes différentes pour le militantisme et l’engagement citoyen se résument assez bien dans la vision que l’on peut avoir des bonheurs d’un banquet : la convivialité et la découverte des autres, les noces recommencées du plaisir et de l’esprit.
Le discours de Jean-Marie le Clézio lors de sa réception du prix Nobel de littérature m’a particulièrement ému. Il affirme que la responsabilité de l’écrivain est «d’inviter au banquet de la culture». Il cite en exemple Rabelais partant en guerre contre les cuistres universitaires de son époque, exprimant une langue verte, mais populaire. Il parle aussi de cette femme, sauvage dénudée au cœur de l’Amazonie, porteuse d’une merveilleuse et immense culture.
Je ne peux m’empêcher de penser que les propos de Le Clézio pourraient s’appliquer à la politique.
Qui aujourd’hui participe au banquet de la politique ?
Comme dans tout banquet, il y a ceux qui ne viennent que pour manger, ceux qui viennent pour parler, ceux qui servent, ceux qui invitent et ceux qui paient, c'est-à-dire tout le monde.
Ils sont des professionnels pour l’essentiel, parfois pour les accompagner les organisateurs de «spectacles politiques» invitent des «sachants» : économistes distinguées, politologues reconnus, experts en opinion etc. C’est le principe même des tables rondes où l’on mélange people de la politique et experts. La salle dans le meilleur des cas peut poser des questions et est surtout invitée à applaudir.
J’avoue ma lassitude à participer, depuis sans doute trop longtemps, à ce genre d’événement.
Comment trouver d’autres chemins à la politique ?
Comment la faire redevenir populaire pour éviter notamment qu’elle ne tombe aux mains des populistes ?
Cela passe d’abord par le langage même du politique qui doit s’efforcer d’employer les mots de tous les jours.
Cela passe aussi par le choix d’autres lieux pour s’exprimer : notre Président en montre l’exemple en choisissant de parler dans des entreprises beaucoup plus souvent que ses prédécesseurs.
Il s’agirait enfin, pour parler comme le Clézio, de donner la parole «aux sauvages porteurs d’une autre culture», par exemple ceux qui travaillent dans l’entreprise, c'est-à-dire la majorité des Français qui devient minorité oubliée dès lors que l’on rentre dans le champ politique.
Eric Besson propose de créer une confédération de la majorité où toutes les sensibilités pourraient s’exprimer.
Pour les Progressistes, symboles même de l’ouverture, c’est une opportunité mais aussi une obligation, car en politique il y a toujours besoin d’émerger, ce qui de mon point de vue n’est pas affaire de marketing politique, mais d’être capable dans le même mouvement de saisir l’esprit du temps et d’anticiper les changements à venir.
Redonner aux Français le goût de la politique, faire venir des énergies nouvelles dans le combat pour transformer la France, trouver des formes différentes pour le militantisme et l’engagement citoyen se résument assez bien dans la vision que l’on peut avoir des bonheurs d’un banquet : la convivialité et la découverte des autres, les noces recommencées du plaisir et de l’esprit.
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