Quel sera le sujet phare de la présidentielle de 2012 ?

jeudi 25 juin 2009

Après le discours du Président de la République à Versailles, rassemblons les Progressistes

Pour Gramsci la crise est ce qui sépare le neuf de l’ancien. Le Président de la République dans son discours de Versailles, le dit avec d’autres mots : « rien ne sera plus comme avant ». Après avoir évité que la voiture sorte de la route à la fin de l’année dernière, il faut maintenant la redémarrer et surtout définir le parcours que l’on propose aux français. C’est bien le sens de l'allocution de Nicolas SARKOZY.
Il revient aux formations politiques de la majorité présidentielle d’organiser le mouvement qui accompagnera les réformes et créera les conditions de leur succès.
Nul ne peut affirmer quand nous sortirons de la crise financière dans laquelle est plongée l’ensemble du monde, même si quelques signaux positifs peuvent nous laisser espérer que l’issue pourrait ne pas être trop éloignée.
Ce qui est certain par contre, c’est qu’elle a profondément modifié le contexte politique de la plupart des démocraties développées.
Ce qui ressort particulièrement, c’est que le clivage droite gauche qui organise notamment la vie politique en Europe n’aura pas résisté à l’épreuve de la tourmente. Quand le Président des Etats-Unis nationalise l’industrie automobile et quand quelques années auparavant Lionel Jospin privatise France Télécom, qui peut penser encore que les frontières qui séparent la droite de la Gauche portent sur le rôle de l’état ?
Quand Nicolas Sarkozy organise la régulation financière à l’échelon européen puis la propose à l’échelon mondial au sommet du G20, il suscite l’adhésion de gouvernements classés à droite, comme à gauche.
Les dernières élections européennes l’ont montré, dans la plupart des pays le modèle social-démocrate s’est épuisé, car il peine à faire entendre une différence dans les réponses à apporter à la crise et encore plus d’ailleurs à apporter des idées nouvelles quand l’heure est au pragmatisme, à la volonté politique, à l’audace des expérimentations. Quelque part les partis sociaux-démocrates revivent l’histoire des partis communistes après la chute du mur de Berlin : le monde a changé et cela s’est fait sans eux.
En France le recul du Parti Socialiste, la stagnation du Parti Communiste et de son allié, le tassement de l’extrême gauche montrent à l’évidence que ce n’est plus à gauche, encore moins dans son impossible rassemblement, que réside l’espoir d’un renouveau politique.
Ce qui est particulièrement nouveau c’est la porosité des clivages électoraux. Pour reprendre l’excellente expression de Jean-Louis Bourlanges, de nombreuses personnes qui pourraient trouver leurs repères de Strauss-kahn à Balladur, se sentent aujourd’hui orphelins pour ne pas avoir de réponse politique à leurs aspirations. Ils sont devenus des « sans famille » errant d’un scrutin à l’autre tel le héros du roman à la recherche d’un foyer, allant du Modem aux Ecologistes ou pourquoi pas demain se ralliant à un improbable rénovateur socialiste.
Cette mouvance ne se retrouve pas aujourd’hui dans la majorité présidentielle et c’est un des enjeux forts de ce moment politique que d’en comprendre les raisons, d’interpréter aussi les messages que cet électorat adresse en déplaçant ses scrutins.
Pourtant ce qui nous rassemble est plus important que ce qui nous sépare : réformisme, modernité, innovation politique, priorité donnée à l’action sociale, à l’environnement.
Sans doute les caricatures qui sont faites de la majorité présidentielle peuvent elles empêcher cet électorat de se retrouver à nos côtés : caporalisme, uniformité, manque de transparence.
Cela suppose qu’une culture de débat se développe au sein de la majorité présidentielle. Partir de l’idée que la vérité n’est jamais celle d’un camp, s’enrichir des différences, trouver plaisir au débat politique, voilà quelques unes des valeurs qui font agir les Progressistes.

Le Président dans son discours de Versailles a rappelé avec force les valeurs de la République qui doivent rassembler tous les Français. Il a insisté pour que la cohésion sociale, l’égalité des chances soit les priorités des priorités.
les-progressistes.fr sont bien placés pour contribuer au mouvement politique qui relaiera les réformes entreprises. Leur histoire personnelle leur facilite le dialogue avec l’ensemble des composantes de la vie politique française qu’elles soient celles de la majorité actuelle, comme celles de l’opposition.
Innover, faire preuve d’audace, mais aussi d’écoute et de dialogue, voilà pour les-progressistes.fr l’occasion de mettre en avant leurs valeurs et de rassembler ceux qui les partagent.

dimanche 14 juin 2009

Après le scrutin du 7 juin 2009

Par Michel Naud,

Le résultat des élections européennes est un succès pour le Président de la République et la majorité présidentielle. Affirmer ceci n’est ni un scoop ni faire preuve d’un triomphalisme débridé pour ceux qui, tels les-progressistes.fr, s’inscrivent dans cette majorité. Les clés de la compréhension du résultat du scrutin faisaient l’objet d’un large consensus de la part des observateurs politiques 1: la majorité devait arriver en tête et dépasser les 25 % pour pouvoir affirmer qu’elle échappait à la « sanction » du mi-mandat. Avec près de 28 % la majorité est fondée à affirmer qu’en dépit de la forte abstention ce résultat représente un signe fort de soutien à l’action du Président de la République, et signe un succès indéniable de Xavier Bertrand à la tête de l’UMP.

Les autres grands vainqueurs de ces élections européennes sont bien évidemment les tenants de l’écologie politique et de l’altermondialisme. Les mêmes analystes politiques considéraient encore à la veille du scrutin qu’un résultat situé entre 10 et 12 % représenterait pour la liste Europe Ecologie une performance plus qu’honorable. « Au dessus de 12 %. Daniel Cohn-Bendit en rêve » écrivait Jean-Baptiste Garat dans le Figaro. Autant dire qu’avec plus de 16 % cette performance est un véritable défi pour l’analyse politique.

Par delà tous les commentaires qui recèlent tous une part de vérité (des élections particulières, un mode de scrutin particulier, l’intelligence politique et le charisme de Daniel Cohn-Bendit, l’absence d’alternative politique crédible à gauche, la part d’impondérable que représente la diffusion du film Home, etc.), il ne pourra pas être fait l’économie d’une prise en compte politique du malaise dont ce résultat est un symptôme, malaise quant au présent qui s’enracine dans une inquiétude plus grande encore sur l’avenir.

Qu’on ne se méprenne pas, et le parti socialiste s’en désespère : il n’est point ici question de l’inquiétude réelle, profonde, et malheureusement fondée, relative aux conséquences sociales de la crise économique mondiale qui frappe au cœur de nos forces vives ; au regard de cette inquiétude ci le résultat est clair, et la contre-performance de la gauche de la gauche en est une autre signature : les électeurs français ont renouvelé le mandat donné au Président de la République pour tenir la barre pendant une tempête qui est loin d’être finie ; tel est, à n’en pas douter, le message des 28 % de suffrages exprimés qui se sont portés sur les listes de la majorité à la moitié d’un mandat que le Président de la République aurait certainement souhaité avec moins de turbulences.

Le message explicite porté par celles et ceux qui ont porté leur voix aux listes écologistes, mais aussi à quelques autres, est l’expression d’un pessimisme suivant lequel l’humanité irait « droit dans le mur ». Que le diagnostic réalisé exprime une inquiétude relative aux impacts des activités humaines sur son environnement ou qu’il exprime une méfiance relative au stade actuel de la mondialisation, c’est bien d’une défiance générale plus profonde à l’égard de la « modernité » qu’il témoigne, que celle-ci soit présentée, selon les répertoires, comme « libérale », « capitaliste », « occidentale », « technicienne » ou même « consumériste ».

Luc Ferry l’exprimait encore il y a peu devant l’Académie des Sciences : alors que le progressisme des Lumières œuvrait à « libérer l’humanité de la double tyrannie de la nature et de la superstition. Cet optimisme s’est complètement renversé aujourd’hui en son contraire ». L’imprégnation par le pessimisme décrit par d’aucuns comme « postmoderne » ne se mesure évidemment pas que par cette performance électorale présente. Les accueils réservés en France, et ailleurs, à des films tels que « La Vérité qui dérange » ou « Le Monde selon Monsanto », malgré les approximations voire les contrevérités qu’ils véhiculaient, en étaient d’autres signatures.

Ainsi, progressivement, depuis la fin des années 60, l’épicentre de l’opposition, plus ou moins sourde, ou plus ou moins explicite, mais toujours présente à la modernité, la science, la raison, le progrès voire au développement lui-même s’est installé, semble-t-il de façon durable, au sein de ce qui fut la gauche. Cela peut sembler paradoxal puisque, depuis le début de son histoire, ainsi que le rappelait Eric Besson s’opposant aux thèses portées par Ségolène Royal, « la gauche, c’est la croyance que le progrès est un facteur d’émancipation ; la conviction, raisonnée, qu’il faut être du côté des avancées technologiques, du développement, de l’industrie.»2. « Etre de gauche, disait pour sa part en écho Claude Allègre devant les-progressistes.fr le 17 septembre 2007, c’est croire au progrès. Croire au progrès, ce n’est pas croire que celui-ci est inévitable et linéaire. C’est être persuadé que l’homme, par sa capacité d’analyse des situations et le biais de la technique, peut résoudre les problèmes qu’il a lui même engendrés.»3

Alors, « défaire le développement » et « en finir avec l’idéologie du progrès » pour « refaire le monde », comme le proposent les amis de José Bové 4? Ou « utiliser le progrès scientifique et technique au service de l’environnement et du développement » en considérant « la mondialisation comme une opportunité » comme l’affirment les-progressistes.fr ?

Nos concitoyens ne seront pas dupes de ceux qui colorieront leur discours en vert parce que c’est dans l’air du temps.

Il n’y a guère d’autre choix durable que de faire le pari de l’intelligence.

Bien sûr, personne de raisonnable ne peut, par exemple, durablement envisager que l’on nourrira neuf milliards d’habitants en généralisant « l’agriculture biologique » 5; personne de raisonnable ne peut non plus durablement envisager de satisfaire les besoins énergétiques croissants de neuf milliards d’habitants, tout en maîtrisant les émissions de gaz à effet de serre et en même temps « sortir du nucléaire »6. Mais il n’empêche que l’écologie pose aussi de vraies questions. Et il ne suffira pas de disqualifier ceux qui les posent en caractérisant le caractère réactionnaire de leurs aspirations ou le totalitarisme du « nouvel ordre écologique » dont ils rêvent.7 Personne ne convaincra jamais l’opinion publique que les militants écologistes, aussi radicaux soient-ils, sont plus dangereux que les menaces qu’à tort ou à raison, mais quelquefois à raison, elle perçoit. Il faut donc retrousser ses manches ; devenir les artisans d’un progrès maîtrisé et partagé ; non seulement montrer que l’écologie politique n’est pas en mesure de fournir les bonnes réponses, mais être en mesure d’en proposer, de les expliquer et de les faire partager ; redonner à nos concitoyens confiance en soi et en l’avenir ; faire preuve de volontarisme et de courage ; démontrer esprit d’entreprendre et pragmatisme ; repousser les frontières de la connaissance ; conquérir des nouveaux territoires scientifiques, techniques, culturels, économiques et commerciaux. Bref, il y a du boulot et décidément, l’écologie est une affaire trop sérieuse pour la confier aux écologistes… à nous d’en apporter la preuve !

lundi 8 juin 2009

Hier les européennes, demain les régionales

Par Gilles Norroy,

Les élections européennes constituent un indiscutable succès pour la majorité présidentielle.

La France est un des rares pays européens, avec l’Allemagne, où la majorité au pouvoir enregistre des résultats en progression. C’est loin d’être le cas en Grande-Bretagne, en Espagne, ou en Italie notamment.
Ce succès peut s’expliquer par différents facteurs :
Le premier tient au succès incontestable de la Présidence de l’Union par Nicolas Sarkozy, à sa capacité à faire agir une volonté politique dans une période où la crise financière était à son paroxysme, et où le conflit entre la Russie et la Géorgie menaçait la sécurité européenne.
Le deuxième repose sur la composition des listes et la légitimité européenne de l’animateur principal de la campagne, Michel Barnier, sur la notoriété et l’engagement des principaux colistiers Rachida Dati, Jean-Marie Cavada pour ne citer que les plus connus, et sur l’ouverture à l’ensemble des composantes de la Majorité Présidentielle.
Le troisième élément tient à la clarté des 30 propositions constituant le projet de la majorité présidentielle.
Le quatrième repose sur la manière dont la campagne a été menée sur le terrain avec l’appui des membres du gouvernement, des élus locaux, des militants, au cours d’innombrables réunions en essayant, même si la tâche n’est pas facile, de rapprocher l’Europe des préoccupations quotidiennes des français.

Le niveau élevé de l’abstention demeure un défi politique. La pédagogie de l’Europe reste à inventer. L’adoption du traité de Lisbonne créant des institutions plus lisibles et stables faciliterait aussi la tâche de tous ceux qui se battent pour défendre les institutions européennes face aux critiques démagogiques des populistes de tout bord.

Le résultat des élections européennes modifie le paysage politique.
Le Parti Socialiste et le Modem paient fort cher de s’être trompés de campagne et d’avoir tenté de mobiliser un vote sanction anti-Sarkozy qui s’est retourné contre eux.
A l’inverse le succès des listes menées par Daniel Cohn-Bendit s’explique par la conjonction du talent de son animateur, de sa légitimité européenne et de la sensibilité croissante aux thèmes de l’écologie. On peut s’interroger sur la durabilité de cette situation politique, et sur la capacité des Verts à transformer l’essai dans les élections à venir, car dans le passé la mouvance écologique a souvent cédé à des comportements internes destructeurs.

Dans tous les cas la Majorité Présidentielle doit s’inspirer de cette campagne réussie pour mener celle des élections régionales.
Pour partie l’enjeu est le même : les institutions Régionales ne sont pas forcément plus lisibles que celles de l’Europe.
En dehors du Président de Région la visibilité des élus est faible, le champ d’intervention régional n’est pas toujours facile à distinguer de celui des départements ou des collectivités locales. Sauf en Alsace la Majorité Présidentielle part à la reconquête des exécutifs régionaux, elle a donc pour l’essentiel à construire des projets concrets, lisibles, attractifs proposant des alternatives claires aux exécutifs en place.

Une belle campagne va s’engager, les-progressistes.fr y prendront toute leur place.

mardi 2 juin 2009

Une Europe progressiste

Par Gilles Norroy,

Les Progressistes ont l’Europe chevillée au corps. Elle constitue pour nous tous une constante dans nos engagements.

L’Europe transcende les clivages de la Gauche et de la Droite, elle était une commune utopie portée il y a plus de 60 ans par des formations politiques très diverses qui ont surmonté leurs différences pour construire une réalité qui est notre bien commun. Elle ne devrait pas de ce fait être l’objet de querelles politiciennes ou de « vote anti » portant sur des sujets de politique intérieure mais au contraire susciter des débats sur le projet politique qui répondra aux espoirs de plusieurs centaines de millions d’hommes et de femmes.

Si nous n’avions qu’une raison de nous féliciter de notre choix d’avoir rejoint la Majorité Présidentielle, nous pourrions la trouver dans la Présidence française de l’Union européenne par Nicolas Sarkozy.

Cette Présidence a été un incontestable succès reconnu par des formations politiques de tout bord dans une situation pourtant extrêmement difficile marquée par le conflit entre la Géorgie et la Russie puis par le déferlement de la crise financière.

Dans ces circonstances Nicolas Sarkozy a apporté la preuve que l’Europe n’était pas une machine contrôlée par des technocrates mais que, dés lors qu’elle était animée par une volonté politique, elle pouvait agir et réussir. La mise en place des plans d’urgence pour éviter un effondrement du système financier, la contribution des européens au sommet du G20 a illustré cette phrase : quand l’Europe veut, l’Europe peut.

Comme le dit la déclaration commune entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, « l’enjeu de ces élections n’est pas de régler des questions techniques mais de répondre à une question fondamentale : quel modèle économique voulons nous ? Le libéralisme sans règles a échoué et a conduit à la crise que nous connaissons. Le modèle que nous voulons c’est celui de l’économie de marché responsable, qui privilégie l’entrepreneur et le salarié sur le spéculateur, l’investissement de long terme sur le profit immédiat ».

Ce projet de la majorité présidentielle s’organise autour de 30 propositions que l’on peut rassembler dans quatre têtes de chapitre :

- Une Europe qui protège, notamment en coordonnant les plans de relance dans les bassins d’emplois touchés par la crise et en investissant dans des grands projets technologiques et industriels à l’échelle du continent
- Une Europe Solidaire qui protège les citoyens les plus vulnérables, qui favorise le dialogue social dans l’entreprise. Une Europe qui parle à sa jeunesse, encourage son besoin d’engagement, de mobilité, de culture et de formation.
- Une Europe innovante qui développe une croissance verte fondée sur les nouvelles technologies source de compétitivité et d’emplois pour notre continent.
- Une Europe qui porte les valeurs des droits de l’homme au-delà des frontières en bâtissant une défense, une diplomatie et des projets de développement avec les pays du Sud, notamment dans le cadre de l’Union Pour la Méditerranée.

Ce projet peut largement rassembler des citoyens venus d’horizon très divers s’ils se posent honnêtement cette simple question : qui sont aujourd’hui ceux qui font avancer l’Europe?

Il reste encore quelques jours aux Progressistes pour continuer leur mobilisation dans cette campagne des élections européennes.

Faisons en sorte que le 7 juin ce soit l’Europe qui gagne !

lundi 1 juin 2009

Immigration, Fiction et Réalité

Par Gilles Norroy,

J’ai été voir le film de Philippe Lioret "Welcome". C’est un bon film, très bien construit, admirablement interprété, qui provoque avec efficacité l’émotion du spectateur.

On ne peut demander à une œuvre de fiction de faire preuve d’impartialité dans la description d’une réalité, une œuvre cinématographique s’adresse d’abord aux sentiments du spectateur.

Dans toute critique, même excessive ou injuste, il y a d’ailleurs une part de vérité et je dirais qu’à ce titre que ce film fait œuvre utile en rappelant la situation tragique des clandestins qui cherchent à passer en Grande-Bretagne.

C’est avec les images de ce film que j’ai écouté Eric Besson au Grand Rendez-vous d’Europe 1 dimanche.

Sa tâche n’est pas facile car il est le ministre de sujets exposés médiatiquement pour lesquels il est facile de faire vibrer des cordes sensibles et de déclencher des tintamarres médiatiques.

La France comme tous les autres pays européens a une politique d’immigration et d’intégration.

Plus de 200 mille personnes ont immigré légalement en France l’an dernier, plus de 100 mille ont fait l’objet d’une naturalisation. On ne peut donc pas parler d’un repli français. La politique française ne se démarque pas fondamentalement de celle qui est menée dans les autres pays européens et s’inscrit d’ailleurs dans des règles en partie définies au niveau de l’Union Européenne.

Il reste la question de l’humanité avec lequel on traite les hommes qui sont victimes de ceux qui font métier d’exploiter la misère humaine en laissant croire que l’on peut rentrer illégalement dans un pays et y trouver l’Eldorado.

Comment expulser quelqu’un en respectant les droits de l’homme ? Comment gérer un centre de rétention dans la dignité des personnes ? Comment ne pas être le complice des passeurs en laissant croire dans les pays d’émigration que l’immigration illégale est possible ? La tâche de la police n’est pas plus facile que celle du ministre, et c’est l’honneur de notre pays que de constater que dans l’immense majorité des cas les valeurs de la République sont respectées.

La protestation vertueuse des bonnes âmes qui ne se salissent pas les mains est sans doute trop facile et l’on devrait leur poser plus souvent la question : quelle politique alternative proposez-vous ?

Dans la devise républicaine, c’est sans doute la fraternité qui est le plus difficile à mettre en œuvre, car elle n’est pas, au niveau de l’état, un simple mouvement du cœur, mais suppose d’arbitrer entre des équilibres incertains : une immigration non contrôlée compromettrait une intégration qui est déjà loin d’être parfaite, elle ouvrirait un boulevard à ceux qui font du racisme leur fond de commerce électoral.

Eric Besson a déjà démontré qu’il n’avait pas peur des combats difficiles, une qualité qui lui sera bien utile dans ceux qu’il reste à entreprendre.