Quel sera le sujet phare de la présidentielle de 2012 ?

vendredi 28 août 2009

UN ETE TRES POLITIQUE par Gilles Norroy

La politique n’a pas pris de vacances cette année.
Le mois de Juillet a été marqué par la poursuite des déchirements internes au P.S.
Sans faire le même pronostic, on est frappé par la ressemblance avec l’histoire du Parti Communiste à partir de 1981. Comme Georges Marchais, Martine Aubry ne manque ni de courage, ni de dialectique, mais elle est prisonnière du « merveilleux » appareil que lui a légué François Hollande, et elle ne peut qu’affronter les tenants de l’ouverture tels que Manuel Valls qui est peu son Pierre Juquin.
Le PC de l’époque, encore puissant, devait affronter la concurrence d’un P.S reconstruit qui représentait la modernité, ce qui n’est pas sans rappeler la situation actuelle, ou les Verts renvoient le Parti Socialiste à son conservatisme et le ringardisent.
Sur le plan international enfin, le PC Français tentait de survivre au milieux des infortunes de ses « partis frères » d’Union Soviétique et de ses satellites, l’ensemble du modèle communiste était menacé. N’est-ce pas en partie ce qui se passe pour le Parti Socialiste, quand la Suède patrie de la social-démocratie efficace n’est plus gouvernée par cette formation, quand le Parti Travailliste de Grande-Bretagne est miné par les scandales, quand en Allemagne le SPD ne tire aucun profit politique de sa cohabitation avec Angela Merkel et ne propose pas de solutions alternatives. Que dire enfin de l’Espagne où le P.S.O.E n’arrive pas reprendre en main la situation économique et n’a d’autres recours que d’attaquer son opposition dans une bataille de boules puantes.
Bien sûr on objectera que Martine Aubry a sauvé l’Université de La Rochelle. Ce qui est certain effectivement est que l’été a mieux terminé qu’il a commencé pour le Parti Socialiste et qu’elle a su faire deux bons discours.
Pour autant, comme le dit la députée de Paris » Annick Lepetit » : «le problème est que nous ne sommes pas d’accord sur grand-chose : les alliances, l’Europe, l’immigration ».
Le répit aura d’ailleurs été de courte durée, la publication d’un livre sur l’organisation des scrutins internes au P.S a suffi à redéterrer la hache de guerre entre Martine Aubry et Ségolène Royal.
Au-delà de la conjoncture politique du moment, face à la crise économique, c’est le modèle même de l’état providence social-démocrate qui est remis en cause dans sa capacité à générer des solutions innovantes et à ne pas être un « arbre sec » pour reprendre la formule de Jack Lang quand il parle de son parti.
La social-démocratie portait l’espérance d’une troisième voie entre le capitalisme sauvage et le socialisme administré. Cela n’est plus d’époque, car il n’existe plus ce type d’alternative. Il reste à approfondir la notion de Progressisme qui nous rassemble autour d’Eric Besson, comme une façon nouvelle de concilier l’efficacité politique et le progrès.
Pour la majorité présidentielle l’été a été riche en événements :
La reprise économique qui semble poindre est sans doute l’événement le plus important. Même s’il est trop tôt pour crier victoire, il ne faut pas bouder notre satisfaction de voir que les orientations prises à la fin de l’année dernière et l’action portée par le Président de la République, commencent à porter leurs fruits.
L’élargissement de la majorité présidentielle est aussi un des éléments importants de cet été avec les décisions de participation au comité de liaison prises par Philippe de Villiers et Paul Nihous.
On a tenté de créer une polémique sur ce sujet en opposant l’aile gauche de la majorité, dans laquelle se situent bien sûr les Progressistes et l’aile droite qui est celle des nouveaux venus.
Le style personnel, la sensibilité de Philippe de Villiers sont sans doute différents des nôtres, mais il n’y a aucune raison non plus de le diaboliser et encore moins comme le dit Eric Besson de penser que le centre de gravité de la majorité présidentielle va se déplacer. On peut même penser qu’il y a plus à craindre des méthodes d’Olivier Besancenot, jugé très fréquentable à gauche, que de celles de Philippe de Villiers qui n’a jamais remis en cause les principes républicains.
Après un été aussi riche sur le plan politique, c’est à la majorité présidentielle de faire en sorte que la rentrée soit chaude si cela veut dire organiser une mobilisation pour continuer les réformes, amplifier la reprise économique et préparer les projets des élections régionales.
Autant de chantiers sur lesquels les Progressistes ont hâte de jouer leur rôle.

jeudi 25 juin 2009

Après le discours du Président de la République à Versailles, rassemblons les Progressistes

Pour Gramsci la crise est ce qui sépare le neuf de l’ancien. Le Président de la République dans son discours de Versailles, le dit avec d’autres mots : « rien ne sera plus comme avant ». Après avoir évité que la voiture sorte de la route à la fin de l’année dernière, il faut maintenant la redémarrer et surtout définir le parcours que l’on propose aux français. C’est bien le sens de l'allocution de Nicolas SARKOZY.
Il revient aux formations politiques de la majorité présidentielle d’organiser le mouvement qui accompagnera les réformes et créera les conditions de leur succès.
Nul ne peut affirmer quand nous sortirons de la crise financière dans laquelle est plongée l’ensemble du monde, même si quelques signaux positifs peuvent nous laisser espérer que l’issue pourrait ne pas être trop éloignée.
Ce qui est certain par contre, c’est qu’elle a profondément modifié le contexte politique de la plupart des démocraties développées.
Ce qui ressort particulièrement, c’est que le clivage droite gauche qui organise notamment la vie politique en Europe n’aura pas résisté à l’épreuve de la tourmente. Quand le Président des Etats-Unis nationalise l’industrie automobile et quand quelques années auparavant Lionel Jospin privatise France Télécom, qui peut penser encore que les frontières qui séparent la droite de la Gauche portent sur le rôle de l’état ?
Quand Nicolas Sarkozy organise la régulation financière à l’échelon européen puis la propose à l’échelon mondial au sommet du G20, il suscite l’adhésion de gouvernements classés à droite, comme à gauche.
Les dernières élections européennes l’ont montré, dans la plupart des pays le modèle social-démocrate s’est épuisé, car il peine à faire entendre une différence dans les réponses à apporter à la crise et encore plus d’ailleurs à apporter des idées nouvelles quand l’heure est au pragmatisme, à la volonté politique, à l’audace des expérimentations. Quelque part les partis sociaux-démocrates revivent l’histoire des partis communistes après la chute du mur de Berlin : le monde a changé et cela s’est fait sans eux.
En France le recul du Parti Socialiste, la stagnation du Parti Communiste et de son allié, le tassement de l’extrême gauche montrent à l’évidence que ce n’est plus à gauche, encore moins dans son impossible rassemblement, que réside l’espoir d’un renouveau politique.
Ce qui est particulièrement nouveau c’est la porosité des clivages électoraux. Pour reprendre l’excellente expression de Jean-Louis Bourlanges, de nombreuses personnes qui pourraient trouver leurs repères de Strauss-kahn à Balladur, se sentent aujourd’hui orphelins pour ne pas avoir de réponse politique à leurs aspirations. Ils sont devenus des « sans famille » errant d’un scrutin à l’autre tel le héros du roman à la recherche d’un foyer, allant du Modem aux Ecologistes ou pourquoi pas demain se ralliant à un improbable rénovateur socialiste.
Cette mouvance ne se retrouve pas aujourd’hui dans la majorité présidentielle et c’est un des enjeux forts de ce moment politique que d’en comprendre les raisons, d’interpréter aussi les messages que cet électorat adresse en déplaçant ses scrutins.
Pourtant ce qui nous rassemble est plus important que ce qui nous sépare : réformisme, modernité, innovation politique, priorité donnée à l’action sociale, à l’environnement.
Sans doute les caricatures qui sont faites de la majorité présidentielle peuvent elles empêcher cet électorat de se retrouver à nos côtés : caporalisme, uniformité, manque de transparence.
Cela suppose qu’une culture de débat se développe au sein de la majorité présidentielle. Partir de l’idée que la vérité n’est jamais celle d’un camp, s’enrichir des différences, trouver plaisir au débat politique, voilà quelques unes des valeurs qui font agir les Progressistes.

Le Président dans son discours de Versailles a rappelé avec force les valeurs de la République qui doivent rassembler tous les Français. Il a insisté pour que la cohésion sociale, l’égalité des chances soit les priorités des priorités.
les-progressistes.fr sont bien placés pour contribuer au mouvement politique qui relaiera les réformes entreprises. Leur histoire personnelle leur facilite le dialogue avec l’ensemble des composantes de la vie politique française qu’elles soient celles de la majorité actuelle, comme celles de l’opposition.
Innover, faire preuve d’audace, mais aussi d’écoute et de dialogue, voilà pour les-progressistes.fr l’occasion de mettre en avant leurs valeurs et de rassembler ceux qui les partagent.

dimanche 14 juin 2009

Après le scrutin du 7 juin 2009

Par Michel Naud,

Le résultat des élections européennes est un succès pour le Président de la République et la majorité présidentielle. Affirmer ceci n’est ni un scoop ni faire preuve d’un triomphalisme débridé pour ceux qui, tels les-progressistes.fr, s’inscrivent dans cette majorité. Les clés de la compréhension du résultat du scrutin faisaient l’objet d’un large consensus de la part des observateurs politiques 1: la majorité devait arriver en tête et dépasser les 25 % pour pouvoir affirmer qu’elle échappait à la « sanction » du mi-mandat. Avec près de 28 % la majorité est fondée à affirmer qu’en dépit de la forte abstention ce résultat représente un signe fort de soutien à l’action du Président de la République, et signe un succès indéniable de Xavier Bertrand à la tête de l’UMP.

Les autres grands vainqueurs de ces élections européennes sont bien évidemment les tenants de l’écologie politique et de l’altermondialisme. Les mêmes analystes politiques considéraient encore à la veille du scrutin qu’un résultat situé entre 10 et 12 % représenterait pour la liste Europe Ecologie une performance plus qu’honorable. « Au dessus de 12 %. Daniel Cohn-Bendit en rêve » écrivait Jean-Baptiste Garat dans le Figaro. Autant dire qu’avec plus de 16 % cette performance est un véritable défi pour l’analyse politique.

Par delà tous les commentaires qui recèlent tous une part de vérité (des élections particulières, un mode de scrutin particulier, l’intelligence politique et le charisme de Daniel Cohn-Bendit, l’absence d’alternative politique crédible à gauche, la part d’impondérable que représente la diffusion du film Home, etc.), il ne pourra pas être fait l’économie d’une prise en compte politique du malaise dont ce résultat est un symptôme, malaise quant au présent qui s’enracine dans une inquiétude plus grande encore sur l’avenir.

Qu’on ne se méprenne pas, et le parti socialiste s’en désespère : il n’est point ici question de l’inquiétude réelle, profonde, et malheureusement fondée, relative aux conséquences sociales de la crise économique mondiale qui frappe au cœur de nos forces vives ; au regard de cette inquiétude ci le résultat est clair, et la contre-performance de la gauche de la gauche en est une autre signature : les électeurs français ont renouvelé le mandat donné au Président de la République pour tenir la barre pendant une tempête qui est loin d’être finie ; tel est, à n’en pas douter, le message des 28 % de suffrages exprimés qui se sont portés sur les listes de la majorité à la moitié d’un mandat que le Président de la République aurait certainement souhaité avec moins de turbulences.

Le message explicite porté par celles et ceux qui ont porté leur voix aux listes écologistes, mais aussi à quelques autres, est l’expression d’un pessimisme suivant lequel l’humanité irait « droit dans le mur ». Que le diagnostic réalisé exprime une inquiétude relative aux impacts des activités humaines sur son environnement ou qu’il exprime une méfiance relative au stade actuel de la mondialisation, c’est bien d’une défiance générale plus profonde à l’égard de la « modernité » qu’il témoigne, que celle-ci soit présentée, selon les répertoires, comme « libérale », « capitaliste », « occidentale », « technicienne » ou même « consumériste ».

Luc Ferry l’exprimait encore il y a peu devant l’Académie des Sciences : alors que le progressisme des Lumières œuvrait à « libérer l’humanité de la double tyrannie de la nature et de la superstition. Cet optimisme s’est complètement renversé aujourd’hui en son contraire ». L’imprégnation par le pessimisme décrit par d’aucuns comme « postmoderne » ne se mesure évidemment pas que par cette performance électorale présente. Les accueils réservés en France, et ailleurs, à des films tels que « La Vérité qui dérange » ou « Le Monde selon Monsanto », malgré les approximations voire les contrevérités qu’ils véhiculaient, en étaient d’autres signatures.

Ainsi, progressivement, depuis la fin des années 60, l’épicentre de l’opposition, plus ou moins sourde, ou plus ou moins explicite, mais toujours présente à la modernité, la science, la raison, le progrès voire au développement lui-même s’est installé, semble-t-il de façon durable, au sein de ce qui fut la gauche. Cela peut sembler paradoxal puisque, depuis le début de son histoire, ainsi que le rappelait Eric Besson s’opposant aux thèses portées par Ségolène Royal, « la gauche, c’est la croyance que le progrès est un facteur d’émancipation ; la conviction, raisonnée, qu’il faut être du côté des avancées technologiques, du développement, de l’industrie.»2. « Etre de gauche, disait pour sa part en écho Claude Allègre devant les-progressistes.fr le 17 septembre 2007, c’est croire au progrès. Croire au progrès, ce n’est pas croire que celui-ci est inévitable et linéaire. C’est être persuadé que l’homme, par sa capacité d’analyse des situations et le biais de la technique, peut résoudre les problèmes qu’il a lui même engendrés.»3

Alors, « défaire le développement » et « en finir avec l’idéologie du progrès » pour « refaire le monde », comme le proposent les amis de José Bové 4? Ou « utiliser le progrès scientifique et technique au service de l’environnement et du développement » en considérant « la mondialisation comme une opportunité » comme l’affirment les-progressistes.fr ?

Nos concitoyens ne seront pas dupes de ceux qui colorieront leur discours en vert parce que c’est dans l’air du temps.

Il n’y a guère d’autre choix durable que de faire le pari de l’intelligence.

Bien sûr, personne de raisonnable ne peut, par exemple, durablement envisager que l’on nourrira neuf milliards d’habitants en généralisant « l’agriculture biologique » 5; personne de raisonnable ne peut non plus durablement envisager de satisfaire les besoins énergétiques croissants de neuf milliards d’habitants, tout en maîtrisant les émissions de gaz à effet de serre et en même temps « sortir du nucléaire »6. Mais il n’empêche que l’écologie pose aussi de vraies questions. Et il ne suffira pas de disqualifier ceux qui les posent en caractérisant le caractère réactionnaire de leurs aspirations ou le totalitarisme du « nouvel ordre écologique » dont ils rêvent.7 Personne ne convaincra jamais l’opinion publique que les militants écologistes, aussi radicaux soient-ils, sont plus dangereux que les menaces qu’à tort ou à raison, mais quelquefois à raison, elle perçoit. Il faut donc retrousser ses manches ; devenir les artisans d’un progrès maîtrisé et partagé ; non seulement montrer que l’écologie politique n’est pas en mesure de fournir les bonnes réponses, mais être en mesure d’en proposer, de les expliquer et de les faire partager ; redonner à nos concitoyens confiance en soi et en l’avenir ; faire preuve de volontarisme et de courage ; démontrer esprit d’entreprendre et pragmatisme ; repousser les frontières de la connaissance ; conquérir des nouveaux territoires scientifiques, techniques, culturels, économiques et commerciaux. Bref, il y a du boulot et décidément, l’écologie est une affaire trop sérieuse pour la confier aux écologistes… à nous d’en apporter la preuve !

lundi 8 juin 2009

Hier les européennes, demain les régionales

Par Gilles Norroy,

Les élections européennes constituent un indiscutable succès pour la majorité présidentielle.

La France est un des rares pays européens, avec l’Allemagne, où la majorité au pouvoir enregistre des résultats en progression. C’est loin d’être le cas en Grande-Bretagne, en Espagne, ou en Italie notamment.
Ce succès peut s’expliquer par différents facteurs :
Le premier tient au succès incontestable de la Présidence de l’Union par Nicolas Sarkozy, à sa capacité à faire agir une volonté politique dans une période où la crise financière était à son paroxysme, et où le conflit entre la Russie et la Géorgie menaçait la sécurité européenne.
Le deuxième repose sur la composition des listes et la légitimité européenne de l’animateur principal de la campagne, Michel Barnier, sur la notoriété et l’engagement des principaux colistiers Rachida Dati, Jean-Marie Cavada pour ne citer que les plus connus, et sur l’ouverture à l’ensemble des composantes de la Majorité Présidentielle.
Le troisième élément tient à la clarté des 30 propositions constituant le projet de la majorité présidentielle.
Le quatrième repose sur la manière dont la campagne a été menée sur le terrain avec l’appui des membres du gouvernement, des élus locaux, des militants, au cours d’innombrables réunions en essayant, même si la tâche n’est pas facile, de rapprocher l’Europe des préoccupations quotidiennes des français.

Le niveau élevé de l’abstention demeure un défi politique. La pédagogie de l’Europe reste à inventer. L’adoption du traité de Lisbonne créant des institutions plus lisibles et stables faciliterait aussi la tâche de tous ceux qui se battent pour défendre les institutions européennes face aux critiques démagogiques des populistes de tout bord.

Le résultat des élections européennes modifie le paysage politique.
Le Parti Socialiste et le Modem paient fort cher de s’être trompés de campagne et d’avoir tenté de mobiliser un vote sanction anti-Sarkozy qui s’est retourné contre eux.
A l’inverse le succès des listes menées par Daniel Cohn-Bendit s’explique par la conjonction du talent de son animateur, de sa légitimité européenne et de la sensibilité croissante aux thèmes de l’écologie. On peut s’interroger sur la durabilité de cette situation politique, et sur la capacité des Verts à transformer l’essai dans les élections à venir, car dans le passé la mouvance écologique a souvent cédé à des comportements internes destructeurs.

Dans tous les cas la Majorité Présidentielle doit s’inspirer de cette campagne réussie pour mener celle des élections régionales.
Pour partie l’enjeu est le même : les institutions Régionales ne sont pas forcément plus lisibles que celles de l’Europe.
En dehors du Président de Région la visibilité des élus est faible, le champ d’intervention régional n’est pas toujours facile à distinguer de celui des départements ou des collectivités locales. Sauf en Alsace la Majorité Présidentielle part à la reconquête des exécutifs régionaux, elle a donc pour l’essentiel à construire des projets concrets, lisibles, attractifs proposant des alternatives claires aux exécutifs en place.

Une belle campagne va s’engager, les-progressistes.fr y prendront toute leur place.

mardi 2 juin 2009

Une Europe progressiste

Par Gilles Norroy,

Les Progressistes ont l’Europe chevillée au corps. Elle constitue pour nous tous une constante dans nos engagements.

L’Europe transcende les clivages de la Gauche et de la Droite, elle était une commune utopie portée il y a plus de 60 ans par des formations politiques très diverses qui ont surmonté leurs différences pour construire une réalité qui est notre bien commun. Elle ne devrait pas de ce fait être l’objet de querelles politiciennes ou de « vote anti » portant sur des sujets de politique intérieure mais au contraire susciter des débats sur le projet politique qui répondra aux espoirs de plusieurs centaines de millions d’hommes et de femmes.

Si nous n’avions qu’une raison de nous féliciter de notre choix d’avoir rejoint la Majorité Présidentielle, nous pourrions la trouver dans la Présidence française de l’Union européenne par Nicolas Sarkozy.

Cette Présidence a été un incontestable succès reconnu par des formations politiques de tout bord dans une situation pourtant extrêmement difficile marquée par le conflit entre la Géorgie et la Russie puis par le déferlement de la crise financière.

Dans ces circonstances Nicolas Sarkozy a apporté la preuve que l’Europe n’était pas une machine contrôlée par des technocrates mais que, dés lors qu’elle était animée par une volonté politique, elle pouvait agir et réussir. La mise en place des plans d’urgence pour éviter un effondrement du système financier, la contribution des européens au sommet du G20 a illustré cette phrase : quand l’Europe veut, l’Europe peut.

Comme le dit la déclaration commune entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, « l’enjeu de ces élections n’est pas de régler des questions techniques mais de répondre à une question fondamentale : quel modèle économique voulons nous ? Le libéralisme sans règles a échoué et a conduit à la crise que nous connaissons. Le modèle que nous voulons c’est celui de l’économie de marché responsable, qui privilégie l’entrepreneur et le salarié sur le spéculateur, l’investissement de long terme sur le profit immédiat ».

Ce projet de la majorité présidentielle s’organise autour de 30 propositions que l’on peut rassembler dans quatre têtes de chapitre :

- Une Europe qui protège, notamment en coordonnant les plans de relance dans les bassins d’emplois touchés par la crise et en investissant dans des grands projets technologiques et industriels à l’échelle du continent
- Une Europe Solidaire qui protège les citoyens les plus vulnérables, qui favorise le dialogue social dans l’entreprise. Une Europe qui parle à sa jeunesse, encourage son besoin d’engagement, de mobilité, de culture et de formation.
- Une Europe innovante qui développe une croissance verte fondée sur les nouvelles technologies source de compétitivité et d’emplois pour notre continent.
- Une Europe qui porte les valeurs des droits de l’homme au-delà des frontières en bâtissant une défense, une diplomatie et des projets de développement avec les pays du Sud, notamment dans le cadre de l’Union Pour la Méditerranée.

Ce projet peut largement rassembler des citoyens venus d’horizon très divers s’ils se posent honnêtement cette simple question : qui sont aujourd’hui ceux qui font avancer l’Europe?

Il reste encore quelques jours aux Progressistes pour continuer leur mobilisation dans cette campagne des élections européennes.

Faisons en sorte que le 7 juin ce soit l’Europe qui gagne !

lundi 1 juin 2009

Immigration, Fiction et Réalité

Par Gilles Norroy,

J’ai été voir le film de Philippe Lioret "Welcome". C’est un bon film, très bien construit, admirablement interprété, qui provoque avec efficacité l’émotion du spectateur.

On ne peut demander à une œuvre de fiction de faire preuve d’impartialité dans la description d’une réalité, une œuvre cinématographique s’adresse d’abord aux sentiments du spectateur.

Dans toute critique, même excessive ou injuste, il y a d’ailleurs une part de vérité et je dirais qu’à ce titre que ce film fait œuvre utile en rappelant la situation tragique des clandestins qui cherchent à passer en Grande-Bretagne.

C’est avec les images de ce film que j’ai écouté Eric Besson au Grand Rendez-vous d’Europe 1 dimanche.

Sa tâche n’est pas facile car il est le ministre de sujets exposés médiatiquement pour lesquels il est facile de faire vibrer des cordes sensibles et de déclencher des tintamarres médiatiques.

La France comme tous les autres pays européens a une politique d’immigration et d’intégration.

Plus de 200 mille personnes ont immigré légalement en France l’an dernier, plus de 100 mille ont fait l’objet d’une naturalisation. On ne peut donc pas parler d’un repli français. La politique française ne se démarque pas fondamentalement de celle qui est menée dans les autres pays européens et s’inscrit d’ailleurs dans des règles en partie définies au niveau de l’Union Européenne.

Il reste la question de l’humanité avec lequel on traite les hommes qui sont victimes de ceux qui font métier d’exploiter la misère humaine en laissant croire que l’on peut rentrer illégalement dans un pays et y trouver l’Eldorado.

Comment expulser quelqu’un en respectant les droits de l’homme ? Comment gérer un centre de rétention dans la dignité des personnes ? Comment ne pas être le complice des passeurs en laissant croire dans les pays d’émigration que l’immigration illégale est possible ? La tâche de la police n’est pas plus facile que celle du ministre, et c’est l’honneur de notre pays que de constater que dans l’immense majorité des cas les valeurs de la République sont respectées.

La protestation vertueuse des bonnes âmes qui ne se salissent pas les mains est sans doute trop facile et l’on devrait leur poser plus souvent la question : quelle politique alternative proposez-vous ?

Dans la devise républicaine, c’est sans doute la fraternité qui est le plus difficile à mettre en œuvre, car elle n’est pas, au niveau de l’état, un simple mouvement du cœur, mais suppose d’arbitrer entre des équilibres incertains : une immigration non contrôlée compromettrait une intégration qui est déjà loin d’être parfaite, elle ouvrirait un boulevard à ceux qui font du racisme leur fond de commerce électoral.

Eric Besson a déjà démontré qu’il n’avait pas peur des combats difficiles, une qualité qui lui sera bien utile dans ceux qu’il reste à entreprendre.

lundi 30 mars 2009

Par Roger FAJNZYLBERG,

J'accompagnais, ce matin Eric Besson qui passait en direct sur Europe 1 dans le cadre de l'émission politique "Le Grand Rendez-Vous" produit par Le Parisien et Europe 1

Je vous en livre mon commentaire personnel.

Eric Besson a parfaitement montré, contrairement au bruit médiatique provoqué par plusieurs associations et par des groupes politiques de gauche et d'extrême gauche, que la politique préconisée par le Président de la République, et mise en oeuvre par le gouvernement, s'appuie sur la tradition d'accueil des immigrations qui constitue l'histoire de la sédimentation de l'identité nationale de la France.

Deux cent mille travailleurs immigrés et leurs familles sont admis ou régularisés sur le territoire national et cent mille étrangers sont naturalisés, chaque année.

La France est le troisième pays au monde, après les USA et le Canada, en matière de droit d'asile et les délais d'instruction, en France, sont parmi les plus courts, même plus courts que ceux des pays de l'Europe du Nord.

Répondant à la présentation de situations spécifiques qui étaient mises en avant par les journalistes de la station, il a appelé à la prudence, celles et ceux, de bonne foi, qui seraient susceptibles de s'enflammer pour telle ou telle situation, sans connaitre la réalité complète du dossier et indiquait que dans la plupart des cas, lorsque les dossiers lui étaient transmis et que les vérifications étaient faites, la véracité des situations tombait d'elle-même.

Il a rappelé que les politiques migratoires avaient donné lieu à un accord des gouvernements européens, socialistes, socio démocrates et de droite sur la base des propositions qui avaient été travaillées sous l'impulsion de Brice Hortefeux, pendant la présidence française de l'Union.
Il a montré comment les gouvernements africains l'ont encouragé à agir contre les trafiquants de main d'oeuvre, qui aujourd'hui se confondent souvent avec les réseaux de prostitution, les réseaux pédophiles et ceux de la vente d'organes, comme aussi ceux de la drogue. Ce sont des questions auquelles les âmes charitables feraient bien de réfléchir. Il ne faut pas que la générosité de nos concitoyens soit détournée!

Interrogé sur la situation du PS, l'ancien socialiste Eric Besson a estimé, sur Europe 1, que le PS commettait les mêmes erreurs que par le passé". Le ministre de l'Immigration dénonce l'angélisme de son ancien parti pointé du doigt en son temps par Lionel Jospin.

Il estime que "le Parti socialiste a eu et conserve un problème avec ce que j'appellerai l'ordre républicain". Et d'ajouter : "en faisant cela, il se retourne contre celles et ceux qui sont les principales victimes", à savoir les quartiers populaires et les clandestins. Les quartiers populaires confrontés à l'insécurité et les clandestins en raison de leurs conditions d'arrivée en France.
Les raisons de l'échec du rassemblement du PS au Zénith, la semaine dernière est à comprendre dans le fait qu'une campagne qui vise à dénoncer les attaques contre les libertés publiques (qui seraient mises à mal par l'actuel gouvernement) n'est pas crédible, ni dans l'opinion publique ni même au sein du PS.
Sa direction a décidé d'enfourcher ce cheval de bataille cette semaine à l'Assemblée Nationale. Et bien chiche, nous verrons bien quelles situations d'atteintes aux libertés le PS souhaitera dénoncer concrètement, et pas à partir d'un discours idéologisé?

mercredi 11 mars 2009

La réintégration définitive de la France dans l’OTAN : un garde fou face aux dérives

Depuis que le Président de la République a annoncé son souhait de voir la France réintégrer définitivement les différents organes institutionnels et opérationnels de l’Alliance Atlantique, la polémique a (naturellement !) surgi et, avec elle, tout un cortège de mythes, de malentendus, sinon de contre vérités manifestes.

Passons sur l’article pathétique signé dans un quotidien du soir par l’ancienne candidate aux élections présidentielles, qui montre ici, à nouveau, sa méconnaissance ahurissante des grands problèmes internationaux. Plus étonnante fut, à mon avis, l’argumentation de réfutation d’un ancien Premier Ministre, rejoignant les cris d’orfraie poussés par certains héritiers auto proclamés de la doctrine gaullienne du splendide isolement.. Je sais bien que Jaurès soulignait avec pertinence que « l’on ne dit pas ce que l’on sait, on dit ce que l’on est » ! De quoi parle-t -on en réalité ?

1) la première confusion est classique : la France ne va pas réintégrer l’Alliance Atlantique, et pour cause, car elle ne l’a jamais quittée ! Elle s’était « simplement » (via la décision certes spectaculaire de De Gaulle, en 1966) retirée des organismes opérationnels créés ultérieurement, en aval, pour préciser la doctrine de ladite organisation et concrétiser ses objectifs et ses moyens.

2) L’Alliance Atlantique a évolué. Nous allons célébrer le 4 Avril prochain les soixante ans de sa création ! L’Alliance est née en 1949, dans la foulée de l’émergence de la Guerre Froide et du rideau de fer qui s ‘abat, comme le fustigea Sir Winston Churchill, à travers l’Europe Centrale. Chacun connaît la teneur du Traité et, notamment, de ses articles 2 et 5.L’Alliance est clairement un traité de Défense collective pour faire face au Bloc de l’Est.

Thucydide rappelait jadis qu’un traité ou une coalition disposait d’une durée de vie moyenne de l’ordre d’une trentaine d’années ! Ce fut, grosso modo, le cas du Pacte de Varsovie. Et, en soixante ans, le monde a changé et les objectifs de l’Alliance aussi !

J’ignore si la planète s’oriente, depuis deux décennies, vers un système géopolitique unipolaire (thèse de Fukuyama ou de Kennedy)), un système uni multipolaire (vision de Samuel Huntington), ou en voie de multipolarisation (thèse de Joseph Nye) Ce que je sais, en revanche, comme tout le monde, c’est que le système bipolaire créé à Yalta et conforté par la saga du nucléaire, a disparu à la fin des années quatre vingt ! Et, avec lui, la menace soviétique…

Notons que certains experts, eu égard à ce constat, en tirent la conclusion que, la menace disparue, l’instrument fabriqué pour faire face à ladite menace devient obsolète et que la survivance de l’Alliance Atlantique serait de facto une « anomalie ».Nous pensons précisément le contraire !

Naguère, l’OTAN était un strict instrument de Défense collective, dont la compétence exclusive concernait les menaces extérieures, une compétence fort éloignée, en principe, de celle des instruments de Sécurité collective illustrés, par exemple, par l’Organisation des Nations Unies.

3) On touche ici du doigt le cœur de la problématique.
En effet : depuis 1990-1991, l’OTAN tend de plus en plus à se manifester concrètement (témoins la Bosnie ou le Kosovo) en qualité d’instrument de sécurité collective.

Une «dérive» que certains explicitent par la volonté (plus ou moins sournoise) des Etats Unis, noyau dur de ladite Alliance, de conforter discrètement leurs ambitions de «gendarmes du monde ».

Une dérive qui ne peut pas laisser indifférente la communauté internationale en général, l’Union Européenne et la France en particulier Et comment faire face à ces éventuelles dérives en restant à l’extérieur de l’organisation militaire intégrée ?

Ici, quelques brefs rappels historiques ne sont peut être pas totalement inutiles. 1966, avec l’initiative spectaculaire de De Gaulle ne fut, ni un commencement, ni une fin !

Ni un commencement : Rappelons que dès 1958, De Gaulle avertissait Eisenhower et McMillan de sa décision de retirer l’escadre française de la Méditerranée du commandement Otan (AFMED)Et en 1959, la France enlevait aussi notre escadre atlantique du commandement de SACLANT.

Ni une fin : Dès 1967, Paris « rectifie le tir »ou plutôt, le précise. Les Accords Ailleret-Lemitzer confirment le principe de « continuité opérationnelle » Au-delà (ce qui n’est certes pas négligeable) du constat que la France confirme son opposition à tout engagement automatique, Paris, en cas de guerre, placera « ses forces dans une situation guère différente de celle qui était la sienne avant 1966 ».

Le principe de coopération en matière de forces conventionnelles est confirmé en 1977 par les Accords Valentin-Freber et, en 1979, par les Accords Biard-Schultz.

Mieux, plus significatif encore, tout au long du premier mandat de François Mitterrand, la coopération… nucléaire est réaffirmée.
Mais les dates clefs quant à l’évolution des rapports entre la France et l’Organisation militaire intégrée demeurent celles de 1991 (la France s’associe désormais aux travaux du Comité des Plans de Défense de l’OTAN), de 1995 (la France participe de plein droit au Conseil des Ministres de l’Alliance) et de 1996 (Paris réintègre l’organe exécutif de l’OTAN, son Etat Major international.

4) Cette évolution édifiante correspond aussi, il faut le reconnaître, à un échec patent de la construction européenne en matière de défense. Les bilans de la PESC et de la PESD demeurent, aujourd’hui, singulièrement médiocres. Les lenteurs des négociations, l’insuffisance des moyens, le rôle (subtil ?) de la Grande Bretagne, se sont conjugués (plus que l’éternelle évocation du nucléaire français) pour aboutir (provisoirement, espérons le) à un constat de semi échec, même si, en ce domaine comme en beaucoup d’autres, la Présidence française de l’Union a boosté Bruxelles et nos partenaires de manière particulièrement significative.

A l’Europe élargie a correspondu en outre un élargissement spatial de l’Alliance avec l’adhésion, notamment, il y a dix ans, de la trilogie « Pologne, Hongrie,Tchéquie », une adhésion également fort révélatrice.

De facto, avec la multiplication de nouvelles menaces, internes aux membres de l’Alliance (et confinant donc à des objectifs de sécurité collective), du terrorisme international à la pérennisation des contentieux intra étatiques ou à la banalisation de la cybercriminalité) la tentation de voir l’OTAN s’immiscer progressivement dans un champ de compétences qui n’était pas le sien, eu égard à la faiblesse des organismes ad hoc (de l’ONU à la PESD…) est de moins en moins hypothétique et virtuelle.

Face à cette situation, deux options s‘offraient à la France :

- L’isolationnisme , « la chaise vide » (un recul de fait par rapport au statu quo ante). Paris afficherait son splendide isolement (avons-nous les moyens de cette politique) et se cantonnerait à un strict rôle d’observateur des péripéties internationales ou, au mieux, agirait au coup par coup. On doute alors de son poids réel dans la gestion des crises.
- la réintégration complète, l’option clairement affirmée par le Président de la République. Et loin de perdre une quelconque autonomie, nous contribuons alors pleinement au recentrage des objectifs de l’Allliance tout en oeuvrant pour la mise en place à moyen terme d’une véritable défense européenne.Un expert affirmait récemment, (pour en tirer la conclusion qu’il fallait se retirer définitivement de l’Alliance) : « l’OTAN n’est plus l’outil du Pentagone, mais le furet de la géopolitique gérée par le Secrétariat d’Etat ».

J’ignore si Barack Obama va modifier profondément la politique extérieure sécrétée par ses prédécesseurs ou se cantonner (realpolitik oblige) dans quelques inflexions.

En revanche, quant au «furet», je tire des conclusions aux antipodes de celles dudit expert : c’est précisément pour éviter que ce dernier ne commette quelques ravages irréversibles que la présence pleine et entière de Paris au sein de l’édifice OTAN est plus que jamais nécessaire

Quant à la question du nucléaire (les adversaires de la réintégration évoquant régulièrement cette dernière en tant qu’obstacle), le fait que la France dispose d’une force de dissuasion indépendante ne nous parait pas contradictoire avec la défense des intérêts collectifs des membres de l’Alliance, sauf à oublier la spécificité même de semblable force de dissuasion.

mardi 27 janvier 2009

Franchir le rubicon

Par Gilles Norroy,

Il y a des Rubicon plus larges, plus profonds, plus difficiles à franchir, que d’autres.

Comme je le crois plusieurs de mes amis de les-progressistes.fr, je ne me voyais pas, il y a quelques mois encore, rejoindre l’U.M.P.

Homme de gauche de toujours, ayant bu pendant des années jusqu’à la lie les coupes amères pour rester malgré tout dans ma famille politique socialiste, mon soutien en 2007 à Nicolas Sarkozy, mon adhésion aux «Progressistes» d’Eric Besson ne me préparaient pas pour autant à ce choix politique.

Le débat était depuis mai 2007 de savoir quelle modalité politique était la plus efficace dans le cadre de la majorité présidentielle : création d’une force politique autonome, ralliement aux Radicaux ou aux Centristes.
Il est vrai qu’en politique, comme dans bien d’autres domaines d’ailleurs, il est prudent de suivre l’adage anglais «Never say never».

Entre la Gauche et la Droite, il n’y a pas de fossé si grand, si l’on s’en tient à la promesse politique, aux programmes, et encore plus aux réalisations (surtout si l’on porte ce regard dans les autres pays). Mais entre familles politiques il y a des écarts culturels, de style, qui ne se mesurent que de l’intérieur. Les familles politiques sont aussi faites d’habitudes, des amitiés qui se créent, comme des inimitiés qui s’installent. Rejoindre une famille politique c’est souvent prendre le risque de ne pas s’y intégrer.


Pour ma part la vision que j’ai eu pendant longtemps de l’U.M.P et de ses prédécesseurs était celle d’un parti caporalisé de vieux messieurs lisant le Figaro, pouvait-on d’ailleurs rencontrer l’intelligentsia ailleurs qu’à Gauche ?
Ce n’est pas ce que j’ai ressenti en participant en tant qu’invité à ce premier Conseil National.
Question caporalisme je crains moins Xavier Bertrand que Martine Aubry et j’ai apprécié cette tonalité d’ouverture qui va bien au-delà des nouvelles responsabilités d’Eric Besson.

Pour que notre ralliement ait un sens nous devons manifester une triple volonté :
La première est de reprendre et continuer la tradition sociale gaulliste en faisant du pouvoir d’achat, de l’égalité des chances, de la participation, des préoccupations principales.
La deuxième est d’être une force qui soit au maximum à l’initiative du débat politique en faisant de la prospective une méthode, de l’imagination une obligation intellectuelle.

Le troisième est de rendre aux français le goût de la politique comme Barak Obama a su le faire avec les Américains : ce qui suppose de multiplier les débats, d’exprimer les choix politiques dans des alternatives claires, de trouver des lieux nouveaux pour l’expression politique.
L’année 2009 s’ouvre dans une conjoncture difficile, qui doit nous amener à nous inspirer de la pensée du Président Lincoln : « Les dogmes du passé paisible sont inadaptés au présent tempétueux. ».

Alors oui, Alea jacta est, prenons le risque de franchir le Rubicon, pour construire un grand mouvement au service des réformes et du progrès.

Avec Eric Besson, pour participer à la construction du Mouvement populaire, j'adhère à l'UMP.

Par Roger FAJNZYLBERG,

J'ai assisté samedi 24 janvier à la réunion du Conseil National de l'UMP au cours de laquelle son nouveau secrétaire général, Xavier Bertrand, a promis de faire du parti majoritaire un "mouvement populaire" et s'est fixé pour objectif de porter à 500.000 le nombre de ses militants en 2012. J'y étais parce que j'ai choisi de rejoindre le mouvement populaire que le Président de la République appelle de ses voeux et donc d'accompagner Eric Besson, au moment où il allait être désigné comme nouveau secrétaire général adjoint.

Ce choix, pour être honnête avec vous, il arrive sous une forme et à un moment que je n'imaginais pas de cette manière. Mais mon engagement en faveur du Président de la République et mon soutien à Eric Besson en ont décidé autrement. Ainsi vont les choses. Dans l'action politique, il faut savoir décider!

Pour quelqu'un comme moi, qui souhaite aller au bout de son engagement et qui a toujours été un militant politique, il m'est apparu normal de m'engager totalement. Comme l'avait exprimé Tony Blair, à l'occasion d'une des réunions auxquelles il a participé à Paris depuis un an, si j'avais été anglais, aujourd'hui je serais travailliste, si j'avais été espagnol, j'aurais été socialiste contre les conservateurs, si j'avais été américain, j'aurais voté Barack Obama contre Mac Cain et plus encore contre Sarah Palin.

Si Strauss-Kahn avait été le candidat de la gauche, je crois que je l'aurais soutenu, mais passer encore des décennies à ergoter sur des virgules pour me persuader que le parti avance dans le bon sens, comme je l'ai fait pendant vingt ans au PCF, puis passer du temps dans des batailles de courants du PS, qui ne sont pour l'essentiel que des batailles pour résoudre les questions d'ambitions personnelles, alors que nos concitoyens souffrent et que le monde bouge autour de nous, cela m'était devenu insupportable.


C'est la raison de mon soutien à celui des candidats qui était préparé à assumer la fonction présidentielle en ayant mesuré les enjeux et le niveau des réponses nécessaires. Depuis dix huit mois que j'ai choisi d'appuyer Nicolas Sarkozy, je ne le regrette pas. Bien au contraire!


Le Président a estimé, en accord avec les dirigeants du principal parti de la Majorité qu'aujourd'hui, il est temps d'engager la rupture pour faire de l'UMP le grand mouvement populaire que les Français attendent. Ils ont estimé que parmi les signes forts de cette rupture, l'ouverture de l'UMP à des militants politiques, venus de la gauche, pour apporter leurs sensibilités et contribuer à renforcer le camp du mouvement contre l'immobilisme, était souhaitable.
Symbole fort, ils ont proposé à Eric Besson de devenir secrétaire général adjoint du mouvement.
Dans ces conditions, j'ai décidé de rejoindre cette UMP modernisée et ouverte pour contribuer au succès de la politique en cours.

La rupture promise par Nicolas Sarkozy lors de sa campagne présidentielle en 2007 a été faite à l'Elysée, au gouvernement et aussi au Parlement, Aujourd'hui l'UMP "doit donner une autre image de la politique", s'ouvrir "à toutes les bonnes idées" et refléter la diversité de la société, a-t-il été affirmé fortement. Le secrétaire général a promis d'encourager le débat. "Bien sûr que les avis peuvent être différents. Mais je préfère le débat au sein du mouvement avec tous plutôt que le débat entre quelques-uns par médias interposés", a dit Xavier Bertrand, qui a promis qu'il n'y aurait pas de "sujet tabou". Le Conseil national avait auparavant adoubé la nouvelle direction et le nouveau bureau politique a ensuite élu Xavier Bertrand, et ses quatre adjoints dont Eric Besson.


L'accueil fait à Eric Besson et à sa démarche a été particulièrement saluée et applaudie, sincèrement, j'ai pu le mesurer. Il a été aux côtés de Xavier Bertrand, de François Fillon et au Président de la République la vedette de la réunion, tant auprès des cadres du parti que des médias.

"C'est un moment particulier. Depuis deux ans je suis membre de cette majorité présidentielle. Quand je m'engage je le fais à fond", a-t-il dit à son arrivée à la Maison de la Mutualité, bâtiment plutôt habitué aux meetings de la gauche situé dans un coin du Quartier Latin que je connaissais bien. "Comme ils m'ont dit que c'était à la Mutualité et que j'y ai quelques souvenirs, je me suis dit 'tiens je connais l'endroit, j'ai des repères'", a-t-il ajouté.
"Qu'il y ait quelques dents qui grincent (à l'UMP), ça me paraît normal."


Pour anticiper quelques réunions à venir, il y en aura aussi à Sèvres.

Même le député-maire de Nice Christian Estrosi, qui a dû céder son poste de secrétaire général adjoint, faisait contre mauvaise fortune bon coeur. "M. Besson a fait ses preuves, il n'a jamais fait défaut en terme de loyauté au président de la République", a-t-il dit. "C'est une vraie plus-value qu'il apporte à notre équipe.

"Affirmant vouloir «faire de l'UMP le parti du rassemblement national face à la crise», le Premier ministre a affirmé que, «par son parcours et sa sensibilité politique, Eric est naturellement différent de nous». Avant d'ironiser : «Encore que, je vais vous faire une confidence que vous ne répéterez pas, il y a moins de différences entre Eric et moi qu'entre les différents courants du Parti socialiste».

Renouvellement, rassemblement et diversité étaient les trois mots d'ordre des ténors de l'UMP. C'est donc pour nous une page qui se tourne et une nouvelle page qui s'ouvre.
J'espère que vous serez nombreux à nous rejoindre.

vendredi 9 janvier 2009

Le futur du futur !

La richesse du colloque « nouveau monde, nouveau capitalisme » ne saurait être résumée en quelques lignes, je me contenterai de relever quelques impressions.

La première est celle d’avoir assisté à un événement historique, non seulement par le rassemblement de grandes personnalités politiques et intellectuelles, mais surtout par l’ambition de la question posée.
Le président Sarkozy dans sa critique du capitalisme financier rappelle l’urgence des réponses à apporter, il le fait avec des tonalités que l’entendait plutôt à gauche sur ce sujet. Il ne s’agit plus de réformer, au sens de correction marginale, mais de refonder un système qui a certes contribué à la richesse du monde, mais a atteint aujourd’hui ses limites.

La deuxième est d’être frappé par la convergence des mesures envisagées sur le plan de la régulation financière : encadrement de la titrisation, modification des règles prudentielles des établissements, régulation des ventes à découvert, remise en cause des rémunérations des traders, tous s’accordent sur les principales mesures , même si l’appréciation peut varier sur le réglages des curseurs.

Le troisième point est celle du dépassement du clivage gauche-droite sur les mesures à apporter : quelle différence entre ce que dit Michel Rocard (qui rappelle opportunément que la régulation n’est pas forcement étatique), ce que propose Tony Blair ou le ministre de l’emploi britannique et les conclusions de François Fillon.

Le quatrième point porte sur le retour du politique. Fitoussi a fort opportunément rappelé que la légitimité du capitalisme n’est pas autre que celle de la démocratie, il n’y a d’économie que politique. François Chérèque met l’accent en écho sur le rôle de la prise en compte des partenaires sociaux (les stake holders versus les share holders selon la formule de nos amis anglo-saxons).

Le cinquième point porte sur la multi-polarité. Que des acteurs du tiers-monde aient participé aux débats parait essentiel. L’heure n’est plus à avoir un monde dirigé par une puissance unique, fusse-t-elle celle des Etats-Unis, ou par le club des pays riches, mais de passer du G8 au G20 sans parler du G185 pour reprendre la formule sympathique d’un des participants.
Un intervenant a parlé du futur du futur, c'est-à-dire de la façon de prévoir, de vouloir l’avenir. Le regard que les hommes portent sur leur avenir caractérise une société car cela varie selon les moments de l’histoire : nostalgie ou rêve débridé, optimisme ou catastrophisme.

Ce que je perçois des échanges de ce colloque nous ramène à une vision plus modeste du futur, une sorte de retour de la prudence qui a tant manqué aux acteurs du monde financier et que les politiques doivent aujourd’hui rappeler.

Le président Roosevelt aux prises avec la crise économique déclarait en 1932 : « le pays exige une expérimentation hardie et constante. Adopter une méthode et la mettre à l’épreuve, cela relève du sens commun. Si ça rate, l’admettre et en essayer une autre. Mais avant tout, il faut tenter ».

Ce retour du bon sens ne serait il pas le futur de notre futur ?

mercredi 7 janvier 2009

De la laïcité,

Par Jacques Soppelsa,

Lors de ses vœux à la nation, le Président Nicolas Sarkozy, à juste titre, a notamment souligné avec vigueur l’actualité de la notion de «solidarité». Un propos largement et positivement commenté par de nombreux médias. Paradoxalement, ces derniers, en revanche, n’ont guère insisté sur une autre allusion directe et tout aussi ferme de notre Président quant aux vertus de la laïcité, ce qui est relativement regrettable, car Nicolas Sarkozy, en la circonstance, a levé avec bonheur toute ambiguïté en la matière, à la vive satisfaction des républicains et des progressistes. On peut réaffirmer sans réserve que la «laïcité est une idée neuve, actuelle, qui doit être systématiquement promue car, plus que jamais, elle demeure la condition sine qua non du progrès économique, social, politique, de la France contemporaine.

On le sait, nous vivons, en la matière, dans le cadre désormais séculaire de la Loi de Séparation des Eglises et de l’Etat, loi généralement considérée comme l’un des fondements majeurs de notre société. Une loi dont l’article premier est singulièrement éclairant : «La République assure la liberté de conscience. Elle garantit la liberté des cultes ».

La laïcité, en effet, n’est pas un combat contre l’esprit de religiosité en général et la liberté religieuse en particulier. C’est même précisément le contraire ! La loi de 1905 protège une liberté collective, celle de pratiquer les cultes «sans autre restriction que l‘intérêt de l’ordre public». Mieux même, son article 4 reconnaît «l’organisation interne des cultes». Mais la conscience libre de chaque citoyen, pour le laïque, ne peut en revanche être liée à un des pouvoirs étrangers aux processus démocratiques librement consentis. C’est à ce titre que la laïcité protège l’ensemble des institutions publiques des influences confessionnelles, comme de celle de tout autre type d’influences incompatibles avec les vertus démocratiques.

Double indépendance, donc : indépendance de l’Etat à l’égard des religions, et des religions à l’égard de l’Etat.

En rappelant dans ses voeux l’actualité du concept de laïcité, Nicolas Sarkozy a ainsi, de facto, souligné aussi que cette double indépendance montre aussi que cette loi s’inscrivait dans le droit fil des traditions philosophiques exprimées avec force sous la plume des penseurs du Siècle des Lumières, traditions solennellement réaffirmées et concrètement traduites, sous la Révolution française, par la proclamation des Droits de l’Homme et du Citoyen.

La laïcité a pour corollaire direct la stricte neutralité de l’Etat face aux convictions de chacun. Le choix de chaque individu en faveur de telle ou telle religion est libre, mais ce choix ne peut influencer l’organisation de la Cité et de la «res publica». Comme le soulignaient déjà les défenseurs de la proposition de loi, il y a donc plus d‘un siècle, «la loi respecte la foi, mais la foi ne peut bafouer la loi».

Dans notre pays, la laïcité garantit ainsi la neutralité des institutions publiques, et donc la liberté de chaque individu dans l’espace public, en accordant à ce dernier, quelle que soit sa confession (ou son absence de confession) des garanties rigoureusement égales. Et comme le confirme l’article premier de la Constitution de la Vème République, «la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale». «La Loi, toute la Loi, rien que la Loi».

Cette affirmation apparaît aujourd’hui plus que jamais valable. D’autant que son champ d’application s’est largement ouvert. Centrée au départ sur le strict financement des édifices religieux et sur la question de l’école, la laïcité concerne désormais tous les domaines de la vie publique, tant au plan culturel qu’économique, tant au plan social que sociétal.

Il était particulièrement bienvenu d’entendre le Président réaffirmer, en cette aube de l’an 2009, tristement riche, de par le monde, en exemples d’intolérance et de conflits fondés sur le refus viscéral de l’Autre, notre attachement aux vertus de la laïcité.