Quel sera le sujet phare de la présidentielle de 2012 ?

dimanche 7 septembre 2008

Obama, l’Amérique, et nous.

Par Gilles Norroy,

Ce qui est nouveau dans la campagne des présidentielles américaines, c’est l’intérêt qu’elle suscite dans le monde. Cela est dû en grande partie au charisme du candidat Barak Obama.
Qui aurait pu imaginer qu’il rassemble 200 000 personnes à Berlin et qu’il se crée partout dans le monde des comités de soutien de personnes qui ne sont pas citoyens des Etats-Unis !

Cet intérêt n’est pas simplement une curiosité pour l’élection américaine, le candidat Démocrate porte en fait les espoirs d’une grande partie du monde car il symbolise la promesse d’un retour de l’Amérique que nous aimons : ouverte, diverse, multiculturelle, soucieuse de démocratie.
Nous les Progressistes, issus le plus souvent de ce que l’on a appelé la Gauche Américaine nous refusons aujourd’hui comme hier, l’anti-américanisme primaire qui caractérise encore une partie de la gauche française. Nous continuons à penser que la démocratie américaine a sauvé l’Europe de la dictature et continue à être un des points d’ancrage de la civilisation.
Obama porte spontanément les espoirs du monde progressiste par son équation personnelle plus que par son programme. Qu’un fils d’immigré kenyan ait réussi à se hisser au somment du Parti démocrate et puisse envisager de devenir Président des Etats-Unis témoigne de son talent bien sûr mais aussi de l’ouverture de la société américaine : cela serait il possible en France, en Allemagne ou en Grande-Bretagne ?
L’occasion de cette élection doit nous permettre aussi de comparer la vie démocratique aux Etats-Unis et en France pour en tirer quelques leçons.
Ce qui frappe dans le débat américain c’est le poids donné à l’histoire personnelle, de ce point de vue d’ailleurs les deux candidats ont une trajectoire remarquable : le démocrate qui démontre que le rêve américain peut se réaliser, le républicain au courage et au patriotisme admirable. C’est évidemment plus glorieux que l’histoire personnelle de nombre de nos hommes politiques français qui pourrait se résumer en : «est passé de fonctionnaire de l’administration à fonctionnaire de la politique».
La puissance de la convention démocrate à Denver donne aussi à penser, surtout quand on la compare au triste spectacle donné fin août à la Rochelle. On y voit l’abîme qui sépare un film de Spielberg du dernier Chabrol, Jimmy Hendrix et Yves Duteil, Jugnot et Brad Pitt.
Pour avoir passé de nombreuses années dans des entreprises américaines, j’ai pu mesurer leur professionnalisme impressionnant et l’optimisme énergisant qui les caractérisent.
Cela ne veut pas dire que les Etats-Unis soient une société idéale, elle peut être violente, injuste et il vaut mieux y être en bonne santé. Mais l’essentiel est que l’Amérique a une capacité à se réinventer selon le principe de la destruction créatrice de Schumpeter, elle génère une force considérable, une volonté de pragmatisme et de créativité.
Les américains attendent beaucoup moins de l’état que la plupart des européens car l’esprit pionnier est toujours là qui veut que dans le Far-West il vaut mieux compter d’abord sur soi.
Cela leur évite au moins le débat politique à la française avec nos cortège de pleureuses siciliennes et leur quête furieuse de prébendes.
Le rêve américain enfin est aussi celui de tous les progressistes, un rêve fait de tous les rêves, d’un monde pacifié, d’une diversité des cultures et des croyances.
Alors oublions quelques instants nos affaires franco-françaises, remisons nos histoires de camemberts dans leur boîte, et gardons à l’esprit quelque chose de Tennessee.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire