La politique n’a pas pris de vacances cette année.
Le mois de Juillet a été marqué par la poursuite des déchirements internes au P.S.
Sans faire le même pronostic, on est frappé par la ressemblance avec l’histoire du Parti Communiste à partir de 1981. Comme Georges Marchais, Martine Aubry ne manque ni de courage, ni de dialectique, mais elle est prisonnière du « merveilleux » appareil que lui a légué François Hollande, et elle ne peut qu’affronter les tenants de l’ouverture tels que Manuel Valls qui est peu son Pierre Juquin.
Le PC de l’époque, encore puissant, devait affronter la concurrence d’un P.S reconstruit qui représentait la modernité, ce qui n’est pas sans rappeler la situation actuelle, ou les Verts renvoient le Parti Socialiste à son conservatisme et le ringardisent.
Sur le plan international enfin, le PC Français tentait de survivre au milieux des infortunes de ses « partis frères » d’Union Soviétique et de ses satellites, l’ensemble du modèle communiste était menacé. N’est-ce pas en partie ce qui se passe pour le Parti Socialiste, quand la Suède patrie de la social-démocratie efficace n’est plus gouvernée par cette formation, quand le Parti Travailliste de Grande-Bretagne est miné par les scandales, quand en Allemagne le SPD ne tire aucun profit politique de sa cohabitation avec Angela Merkel et ne propose pas de solutions alternatives. Que dire enfin de l’Espagne où le P.S.O.E n’arrive pas reprendre en main la situation économique et n’a d’autres recours que d’attaquer son opposition dans une bataille de boules puantes.
Bien sûr on objectera que Martine Aubry a sauvé l’Université de La Rochelle. Ce qui est certain effectivement est que l’été a mieux terminé qu’il a commencé pour le Parti Socialiste et qu’elle a su faire deux bons discours.
Pour autant, comme le dit la députée de Paris » Annick Lepetit » : «le problème est que nous ne sommes pas d’accord sur grand-chose : les alliances, l’Europe, l’immigration ».
Le répit aura d’ailleurs été de courte durée, la publication d’un livre sur l’organisation des scrutins internes au P.S a suffi à redéterrer la hache de guerre entre Martine Aubry et Ségolène Royal.
Au-delà de la conjoncture politique du moment, face à la crise économique, c’est le modèle même de l’état providence social-démocrate qui est remis en cause dans sa capacité à générer des solutions innovantes et à ne pas être un « arbre sec » pour reprendre la formule de Jack Lang quand il parle de son parti.
La social-démocratie portait l’espérance d’une troisième voie entre le capitalisme sauvage et le socialisme administré. Cela n’est plus d’époque, car il n’existe plus ce type d’alternative. Il reste à approfondir la notion de Progressisme qui nous rassemble autour d’Eric Besson, comme une façon nouvelle de concilier l’efficacité politique et le progrès.
Pour la majorité présidentielle l’été a été riche en événements :
La reprise économique qui semble poindre est sans doute l’événement le plus important. Même s’il est trop tôt pour crier victoire, il ne faut pas bouder notre satisfaction de voir que les orientations prises à la fin de l’année dernière et l’action portée par le Président de la République, commencent à porter leurs fruits.
L’élargissement de la majorité présidentielle est aussi un des éléments importants de cet été avec les décisions de participation au comité de liaison prises par Philippe de Villiers et Paul Nihous.
On a tenté de créer une polémique sur ce sujet en opposant l’aile gauche de la majorité, dans laquelle se situent bien sûr les Progressistes et l’aile droite qui est celle des nouveaux venus.
Le style personnel, la sensibilité de Philippe de Villiers sont sans doute différents des nôtres, mais il n’y a aucune raison non plus de le diaboliser et encore moins comme le dit Eric Besson de penser que le centre de gravité de la majorité présidentielle va se déplacer. On peut même penser qu’il y a plus à craindre des méthodes d’Olivier Besancenot, jugé très fréquentable à gauche, que de celles de Philippe de Villiers qui n’a jamais remis en cause les principes républicains.
Après un été aussi riche sur le plan politique, c’est à la majorité présidentielle de faire en sorte que la rentrée soit chaude si cela veut dire organiser une mobilisation pour continuer les réformes, amplifier la reprise économique et préparer les projets des élections régionales.
Autant de chantiers sur lesquels les Progressistes ont hâte de jouer leur rôle.
vendredi 28 août 2009
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