J’ai gardé pour le Parti Socialiste un peu de cette tendresse qui prend parfois la suite des amours passées.
J’ai gardé mon admiration pour les grands hommes de la Gauche dont je me revendique toujours : Jean Jaurès, Mendès France, Jacques Delors, Michel Rocard.
J’ai gardé de l’amitié pour nombre de socialistes sincères.
C’est en pensant à eux au lendemain du congrès de Reims qu’un sentiment m’envahit : la consternation.
Comme certains d’entre eux me l’ont confié, c’est la logique du moindre mal qui va les guider.
Ségolène est toujours là, malgré sa prestation à la Chantal Goya au Zénith qui aurait du la ridiculiser définitivement. Mais finalement la guignolisation de la politique française a encore de beaux jours !
Pour elle l’enjeu est évident, sa première déclaration après le vote des motions le dit clairement : il faut permettre aux français quelque soit leur revenu de participer au débat : en d’autres termes après les adhérents à vingt euros par ans place aux adhérents à deux euros qui viendront voter en masse pour son investiture à l’élection présidentielle.
Martine Aubry a le mérite d’un discours plus complet malgré la confusion du rassemblement qu’elle conduit qui regroupe partisans et adversaires du projet de constitution européenne.
Pour faire de la politique depuis de nombreuses années, j’ai fini par me rendre compte qu’elle était un métier où on ne choisissait pas forcement les meilleurs. Un fonctionnaire besogneux, porté par un égoïsme vital, peut prendre l’avantage sur un esprit brillant mais idéaliste.
Je pense toutefois que l’on atteint avec cette opération du congrès de Reims, une nouvelle étape dans un recul de la qualité du débat public en France.
Beaucoup d’élus et de responsables du P.S. sont d’ailleurs comme des curés qui auraient perdu la foi, mais se sentiraient trop vieux pour prendre un autre métier.
D’un point de vue tactique on pourrait s’amuser ou se réjouir de cette situation.
Je crois qu’elle est surtout navrante pour la démocratie française.
Pendant ce temps là à Washington, le somment du G20 permettait des avancées importantes dans le processus de régulation des mécanismes financiers internationaux.
Le rôle de Nicolas Sarkozy y a été déterminant.
Les Progressistes qui sont nombreux à venir des rangs du Parti Socialiste, trouveront sans doute dans cela, pour autant qu’ils en aient encore besoin, un réconfort supplémentaire d’avoir quitté leur galère précédente.
mardi 25 novembre 2008
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