Quel sera le sujet phare de la présidentielle de 2012 ?

vendredi 28 novembre 2008

Réformes, re-forme,

Par Gilles Norroy,

En modifiant les statuts du Pari Socialiste, il y a quelques années le tandem Jospin-Hollande pensait avoir trouvé la formule miracle : un vote par motion pour refléter le débat politique et un vote nominal pour garantir la légitimité du Premier Secrétaire. On aura obtenu tout l’inverse : des motions qui ne diffèrent que par des nuances et ne doivent leur existence qu’au lancement des écuries présidentielles et une Première Secrétaire qui élue par quelques voix d’avance portera pendant tout son mandat le soupçon jeté sur elle par sa concurrente.

Ce qui arrive au Parti Socialiste ne saurait être sujet de moqueries ou de réjouissances tacticiennes, c’est bien la démocratie française dans son ensemble qui est concernée. Le risque est grand de voir les Français écœurés par ce spectacle reprendre le chemin de l’abstention.

Au-delà du Parti Socialiste ce qui est posé aujourd’hui c’est la légitimité démocratique des partis politiques.

Peuvent ils « concourir à l’expression du suffrage » selon les termes de la constitution s’ils ne sont régis que par des pratiques clientélistes, s’ils n’ont d’autres débats que ceux façonnés par les spécialistes du marketing politique, s’ils ne sont que concours de beauté présidentiels ?

Ce rapport entre la base et les dirigeants diffère selon les formations et est souvent en grande partie la source de leurs difficultés.

Le RPR est mort du caporalisme qui était l’héritage du Gaullisme, supportable quand il s’agissait d’être aux grandes heures de l’histoire avec le Général de Gaulle, difficile à avaler quand il ne s’agissait plus que des petits moments à passer avec Jacques Chirac.

Les Verts porteurs d’un grand sujet, au cœur de la modernité, se sont laissés détruire par leur fonctionnement suicidaire, révélateur d’un certain masochisme écolo.

Quant au Modem, ambitieux dans son projet, n’est-t-il pas autre chose que le parti d’un seul homme ?

Voilà peut-être venu le moment de réfléchir à quelques questions de société : peut-on laisser la démocratie française en l’état, faut il l’abandonner au régime des partis pour reprendre la formule Gaullienne ou inventer de nouvelles voies ?

En d’autres mots ne faut-il pas que parallèlement aux réformes de la société s’engage une réflexion sur une re-forme des mécanismes politiques ?

J’aimerais que les Progressistes s’emparent du sujet qui est celui de la réconciliation de la société civile et de la classe politique et celui de la gouvernance de la France : limitation du nombre et de la durée des mandats, statut et financement des partis politiques, accès aux médias, statut des élus, possibilité de candidats libres, éducation à la citoyenneté : que de re-formes à engager !

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