Par Roger FAJNZYLBERG,
J'ai assisté samedi 24 janvier à la réunion du Conseil National de l'UMP au cours de laquelle son nouveau secrétaire général, Xavier Bertrand, a promis de faire du parti majoritaire un "mouvement populaire" et s'est fixé pour objectif de porter à 500.000 le nombre de ses militants en 2012. J'y étais parce que j'ai choisi de rejoindre le mouvement populaire que le Président de la République appelle de ses voeux et donc d'accompagner Eric Besson, au moment où il allait être désigné comme nouveau secrétaire général adjoint.
Ce choix, pour être honnête avec vous, il arrive sous une forme et à un moment que je n'imaginais pas de cette manière. Mais mon engagement en faveur du Président de la République et mon soutien à Eric Besson en ont décidé autrement. Ainsi vont les choses. Dans l'action politique, il faut savoir décider!
Pour quelqu'un comme moi, qui souhaite aller au bout de son engagement et qui a toujours été un militant politique, il m'est apparu normal de m'engager totalement. Comme l'avait exprimé Tony Blair, à l'occasion d'une des réunions auxquelles il a participé à Paris depuis un an, si j'avais été anglais, aujourd'hui je serais travailliste, si j'avais été espagnol, j'aurais été socialiste contre les conservateurs, si j'avais été américain, j'aurais voté Barack Obama contre Mac Cain et plus encore contre Sarah Palin.
Si Strauss-Kahn avait été le candidat de la gauche, je crois que je l'aurais soutenu, mais passer encore des décennies à ergoter sur des virgules pour me persuader que le parti avance dans le bon sens, comme je l'ai fait pendant vingt ans au PCF, puis passer du temps dans des batailles de courants du PS, qui ne sont pour l'essentiel que des batailles pour résoudre les questions d'ambitions personnelles, alors que nos concitoyens souffrent et que le monde bouge autour de nous, cela m'était devenu insupportable.
C'est la raison de mon soutien à celui des candidats qui était préparé à assumer la fonction présidentielle en ayant mesuré les enjeux et le niveau des réponses nécessaires. Depuis dix huit mois que j'ai choisi d'appuyer Nicolas Sarkozy, je ne le regrette pas. Bien au contraire!
Le Président a estimé, en accord avec les dirigeants du principal parti de la Majorité qu'aujourd'hui, il est temps d'engager la rupture pour faire de l'UMP le grand mouvement populaire que les Français attendent. Ils ont estimé que parmi les signes forts de cette rupture, l'ouverture de l'UMP à des militants politiques, venus de la gauche, pour apporter leurs sensibilités et contribuer à renforcer le camp du mouvement contre l'immobilisme, était souhaitable.
Symbole fort, ils ont proposé à Eric Besson de devenir secrétaire général adjoint du mouvement.
Dans ces conditions, j'ai décidé de rejoindre cette UMP modernisée et ouverte pour contribuer au succès de la politique en cours.
La rupture promise par Nicolas Sarkozy lors de sa campagne présidentielle en 2007 a été faite à l'Elysée, au gouvernement et aussi au Parlement, Aujourd'hui l'UMP "doit donner une autre image de la politique", s'ouvrir "à toutes les bonnes idées" et refléter la diversité de la société, a-t-il été affirmé fortement. Le secrétaire général a promis d'encourager le débat. "Bien sûr que les avis peuvent être différents. Mais je préfère le débat au sein du mouvement avec tous plutôt que le débat entre quelques-uns par médias interposés", a dit Xavier Bertrand, qui a promis qu'il n'y aurait pas de "sujet tabou". Le Conseil national avait auparavant adoubé la nouvelle direction et le nouveau bureau politique a ensuite élu Xavier Bertrand, et ses quatre adjoints dont Eric Besson.
L'accueil fait à Eric Besson et à sa démarche a été particulièrement saluée et applaudie, sincèrement, j'ai pu le mesurer. Il a été aux côtés de Xavier Bertrand, de François Fillon et au Président de la République la vedette de la réunion, tant auprès des cadres du parti que des médias.
"C'est un moment particulier. Depuis deux ans je suis membre de cette majorité présidentielle. Quand je m'engage je le fais à fond", a-t-il dit à son arrivée à la Maison de la Mutualité, bâtiment plutôt habitué aux meetings de la gauche situé dans un coin du Quartier Latin que je connaissais bien. "Comme ils m'ont dit que c'était à la Mutualité et que j'y ai quelques souvenirs, je me suis dit 'tiens je connais l'endroit, j'ai des repères'", a-t-il ajouté.
"Qu'il y ait quelques dents qui grincent (à l'UMP), ça me paraît normal."
Pour anticiper quelques réunions à venir, il y en aura aussi à Sèvres.
Même le député-maire de Nice Christian Estrosi, qui a dû céder son poste de secrétaire général adjoint, faisait contre mauvaise fortune bon coeur. "M. Besson a fait ses preuves, il n'a jamais fait défaut en terme de loyauté au président de la République", a-t-il dit. "C'est une vraie plus-value qu'il apporte à notre équipe.
"Affirmant vouloir «faire de l'UMP le parti du rassemblement national face à la crise», le Premier ministre a affirmé que, «par son parcours et sa sensibilité politique, Eric est naturellement différent de nous». Avant d'ironiser : «Encore que, je vais vous faire une confidence que vous ne répéterez pas, il y a moins de différences entre Eric et moi qu'entre les différents courants du Parti socialiste».
Renouvellement, rassemblement et diversité étaient les trois mots d'ordre des ténors de l'UMP. C'est donc pour nous une page qui se tourne et une nouvelle page qui s'ouvre.
J'espère que vous serez nombreux à nous rejoindre.
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