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vendredi 9 janvier 2009

Le futur du futur !

La richesse du colloque « nouveau monde, nouveau capitalisme » ne saurait être résumée en quelques lignes, je me contenterai de relever quelques impressions.

La première est celle d’avoir assisté à un événement historique, non seulement par le rassemblement de grandes personnalités politiques et intellectuelles, mais surtout par l’ambition de la question posée.
Le président Sarkozy dans sa critique du capitalisme financier rappelle l’urgence des réponses à apporter, il le fait avec des tonalités que l’entendait plutôt à gauche sur ce sujet. Il ne s’agit plus de réformer, au sens de correction marginale, mais de refonder un système qui a certes contribué à la richesse du monde, mais a atteint aujourd’hui ses limites.

La deuxième est d’être frappé par la convergence des mesures envisagées sur le plan de la régulation financière : encadrement de la titrisation, modification des règles prudentielles des établissements, régulation des ventes à découvert, remise en cause des rémunérations des traders, tous s’accordent sur les principales mesures , même si l’appréciation peut varier sur le réglages des curseurs.

Le troisième point est celle du dépassement du clivage gauche-droite sur les mesures à apporter : quelle différence entre ce que dit Michel Rocard (qui rappelle opportunément que la régulation n’est pas forcement étatique), ce que propose Tony Blair ou le ministre de l’emploi britannique et les conclusions de François Fillon.

Le quatrième point porte sur le retour du politique. Fitoussi a fort opportunément rappelé que la légitimité du capitalisme n’est pas autre que celle de la démocratie, il n’y a d’économie que politique. François Chérèque met l’accent en écho sur le rôle de la prise en compte des partenaires sociaux (les stake holders versus les share holders selon la formule de nos amis anglo-saxons).

Le cinquième point porte sur la multi-polarité. Que des acteurs du tiers-monde aient participé aux débats parait essentiel. L’heure n’est plus à avoir un monde dirigé par une puissance unique, fusse-t-elle celle des Etats-Unis, ou par le club des pays riches, mais de passer du G8 au G20 sans parler du G185 pour reprendre la formule sympathique d’un des participants.
Un intervenant a parlé du futur du futur, c'est-à-dire de la façon de prévoir, de vouloir l’avenir. Le regard que les hommes portent sur leur avenir caractérise une société car cela varie selon les moments de l’histoire : nostalgie ou rêve débridé, optimisme ou catastrophisme.

Ce que je perçois des échanges de ce colloque nous ramène à une vision plus modeste du futur, une sorte de retour de la prudence qui a tant manqué aux acteurs du monde financier et que les politiques doivent aujourd’hui rappeler.

Le président Roosevelt aux prises avec la crise économique déclarait en 1932 : « le pays exige une expérimentation hardie et constante. Adopter une méthode et la mettre à l’épreuve, cela relève du sens commun. Si ça rate, l’admettre et en essayer une autre. Mais avant tout, il faut tenter ».

Ce retour du bon sens ne serait il pas le futur de notre futur ?

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