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lundi 1 juin 2009

Immigration, Fiction et Réalité

Par Gilles Norroy,

J’ai été voir le film de Philippe Lioret "Welcome". C’est un bon film, très bien construit, admirablement interprété, qui provoque avec efficacité l’émotion du spectateur.

On ne peut demander à une œuvre de fiction de faire preuve d’impartialité dans la description d’une réalité, une œuvre cinématographique s’adresse d’abord aux sentiments du spectateur.

Dans toute critique, même excessive ou injuste, il y a d’ailleurs une part de vérité et je dirais qu’à ce titre que ce film fait œuvre utile en rappelant la situation tragique des clandestins qui cherchent à passer en Grande-Bretagne.

C’est avec les images de ce film que j’ai écouté Eric Besson au Grand Rendez-vous d’Europe 1 dimanche.

Sa tâche n’est pas facile car il est le ministre de sujets exposés médiatiquement pour lesquels il est facile de faire vibrer des cordes sensibles et de déclencher des tintamarres médiatiques.

La France comme tous les autres pays européens a une politique d’immigration et d’intégration.

Plus de 200 mille personnes ont immigré légalement en France l’an dernier, plus de 100 mille ont fait l’objet d’une naturalisation. On ne peut donc pas parler d’un repli français. La politique française ne se démarque pas fondamentalement de celle qui est menée dans les autres pays européens et s’inscrit d’ailleurs dans des règles en partie définies au niveau de l’Union Européenne.

Il reste la question de l’humanité avec lequel on traite les hommes qui sont victimes de ceux qui font métier d’exploiter la misère humaine en laissant croire que l’on peut rentrer illégalement dans un pays et y trouver l’Eldorado.

Comment expulser quelqu’un en respectant les droits de l’homme ? Comment gérer un centre de rétention dans la dignité des personnes ? Comment ne pas être le complice des passeurs en laissant croire dans les pays d’émigration que l’immigration illégale est possible ? La tâche de la police n’est pas plus facile que celle du ministre, et c’est l’honneur de notre pays que de constater que dans l’immense majorité des cas les valeurs de la République sont respectées.

La protestation vertueuse des bonnes âmes qui ne se salissent pas les mains est sans doute trop facile et l’on devrait leur poser plus souvent la question : quelle politique alternative proposez-vous ?

Dans la devise républicaine, c’est sans doute la fraternité qui est le plus difficile à mettre en œuvre, car elle n’est pas, au niveau de l’état, un simple mouvement du cœur, mais suppose d’arbitrer entre des équilibres incertains : une immigration non contrôlée compromettrait une intégration qui est déjà loin d’être parfaite, elle ouvrirait un boulevard à ceux qui font du racisme leur fond de commerce électoral.

Eric Besson a déjà démontré qu’il n’avait pas peur des combats difficiles, une qualité qui lui sera bien utile dans ceux qu’il reste à entreprendre.

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